Rue de Valois, le changement se faisait attendre. Annoncée partante depuis plusieurs jours, Rachida Dati semblait s’accrocher à son poste. Le suspense aura guère duré. Le 26 février dernier, Catherine Pégard a pris la tête du ministère de la Culture.
Ancienne journaliste politique, conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Élysée en 2007, puis présidente de l’Établissement public du Château de Versailles de 2011 à 2024, elle y aura mené une politique active de mécénat, piloté des restaurations d’envergure et accompagné plusieurs acquisitions marquantes, dont la réouverture du Grand Appartement de la Reine en 2019. Revenue en 2025 à l’Élysée comme conseillère culture d’Emmanuel Macron, elle retrouve aujourd’hui un poste exécutif en première ligne.
À peine nommée, l’étau se resserre. La nouvelle ministre doit s’atteler au budget 2027 dans un contexte de fortes contraintes, suivre les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage qui engagent directement artistes et techniciens du spectacle vivant, trancher sur le maintien et le financement réel de la « Fête du théâtre » annoncée par sa prédécesseure, juste avant son départ. Et, surtout, rouvrir un dialogue structuré avec les organisations représentatives, stabiliser des conditions de travail fragilisées.
Le 4 mars, à Aubusson, ces dossiers prennent corps au Théâtre Jean-Lurçat. La plus petite Scène nationale de France, touchée par d’importantes infiltrations, a fermé deux salles après expertise, en raison de plafonds fragilisés. Les travaux pour remettre le théâtre aux normes sont estimés à quatre millions d’euros. L’État et la Région ont annoncé leur participation. Le Département de la Creuse, propriétaire, a suspendu la sienne. Si l’autorisation d’occupation temporaire court jusqu’au 5 juillet 2026, il n’en reste pas moins que chaque année, quinze mille spectateurs franchissent les portes de l’établissement. Ils attendent désormais la suite.
À Paris, le Fonds de dotation Marie-Thérèse Allier confie la direction de La Ménagerie de Verre à Christophe Susset, après la démission de Philippe Quesne. À ses côtés jusqu’à fin 2027, la chorégraphe Zoé Lakhnati accompagnera la programmation pédagogique et artistique. Le projet 2026-2029 annonce un renforcement des résidences, le maintien d’environ 15 000 participants annuels aux formations professionnelles, un budget prévisionnel 2026 estimé à 1,4 million d’euros.
Entre arbitrages budgétaires, plafonds qui menacent et scènes qui se réinventent, la culture avance à découvert. Sur le fil, toujours.