Une nouvelle semaine commence et la mobilisation des lycéens et des étudiants se poursuit. Mardi 13 octobre, ils redescendent dans la rue aux côtés des enseignants. Malgré l’annonce de la mobilisation de 3 000 professeurs remplaçants, les revendications restent entières. Dix milliards d’euros pour l’éducation, des bâtiments rénovés, des classes moins chargées et des bourses revalorisées. Dans la culture aussi, les tensions s’accumulent. Budgets amputés, décisions politiques qui fragilisent les projets artistiques, les équipes peinent à se projeter dans l’avenir.
À Évreux, le non-renouvellement de Valérie Baran à la tête du Tangram soulève de nombreuses questions. Le 9 octobre, le conseil d’administration a décidé de ne pas lui confier un troisième mandat. Depuis 2019, elle a développé cette scène nationale, fréquentée par plus de 70 000 spectateurs, et créé le festival Les AnthropoScènes. Pour justifier son choix, le conseil invoque un « renouveau ». Mais avec 354 000 euros de moins annoncés pour 2027, soit près de 40 % du budget artistique, quelles ambitions pourra porter la prochaine direction ? Le calendrier interroge également. La décision tombe au lendemain de l’annulation des élections municipales d’Évreux, contestée devant le Conseil d’État. Pourquoi cette précipitation ? Au-delà du départ de Valérie Baran, c’est la continuité d’un projet artistique et son indépendance face aux choix politiques qui sont en jeu.
Malgré ce contexte tendu, les rendez-vous artistiques se multiplient. Ce lundi, le festival Fragments ouvre sa quatorzième édition en Île-de-France. Treize jeunes compagnies y dévoilent les premières étapes de leurs créations, accompagnées par un réseau de lieux partenaires. À Massy, le Centre Pompidou francilien accueille ses premiers visiteurs dès le 17 octobre. Pendant que Beaubourg poursuit sa rénovation, prévue jusqu’en 2030, ce nouveau site de 30 000 m², qui abritera notamment les réserves du musée, mais aussi des espaces d’exposition et de création, commence à prendre vie. Avant son ouverture au printemps 2027, le public pourra découvrir les lieux avec « Prélude ! », trois week-ends de spectacles, d’ateliers et de rencontres, gratuits sur réservation.
Les artistes s’adaptent, les projets avancent, les publics répondent présent. La culture ne manque ni d’idées ni d’énergie, mais d’une véritable volonté politique pour les soutenir.