Suzanne - Corinne Samama - Jean-Benoît Patricot - Dan Jemmett © Jean-Louis Fernandez
© Jean-Louis Fernandez

Suzanne : Le rendez-vous manqué de la rentrée

L’idée de voir Suzanne Valadon incarnée par Catherine Hiegel faisait rêver. La comédienne fait tout son possible pour sauver le spectacle. Malheureusement, faute au texte trop encyclopédique sans véritable enjeu, et surtout à la non mise en scène, le rêve vire au cauchemar.
29 septembre 2026
Ecouter cet article

Suzanne Valadon est une grande artiste peintre française de la première moitié du XXe siècle, reconnue pour son parcours rebelle, son émancipation dans le milieu artistique très masculin, mais aussi pour être la mère de Maurice Utrillo. Corinne Samama avait tiré de cette relation très fusionnelle, faite d’amour-haine, un livre au titre évocateur :Utrillo, ma vie, mon désastre, édité aux Ateliers Henry Dougier, dans la collection Le roman d’un chef-d’œuvre. Il était évident pour l’autrice que la confrontation entre cette mère pas comme les autres et ce fils bancal pouvait prendre chair au théâtre. Elle a fait appel à Jean-Benoît Patricot pour en écrire la dramaturgie.

Pour la grande Catherine

La pièce commençait bien. Suzanne tourne comme un lion en cage dans la chambre d’hôpital où un malaise sérieux l’a conduite. Elle explique au professeur pontifiant et misogyne (Marc Prin) qui la soigne, que bien qu’elle soit une femme, elle est une véritable artiste. Ce qui permet aux auteurs de tracer une courte et dense biographie. Puis elle évoque son fils alcoolique, qui ne lui procure que des tourments. Catherine Hiegel comme à son habitude nous éblouit par son jeu nourri, nuancé et précis.

Ledit fils arrive en furie. Et c’est là que le bât blesse. La confrontation entre la mère et le fils vire en une insupportable querelle, où les explications répondent aux reproches. Sans véritable enjeu, ce duel lasse vite. En roue libre, Christophe Paou force son jeu. Hurlant sans cesse, le comédien ne nourrit d’intention ni ses colères, ni ses récriminations. La grande Catherine fait ce qu’elle peut, sans jamais arriver à rééquilibrer le débat.

Le metteur en scène, Dan Jemmett en porte la responsabilité. Il n’a pas su trouver le ton, et encore moins le rythme. Le décor monumental et réaliste, représentant un dortoir vide, apparaît comme un simple élément décoratif et explicatif. Et lorsqu’il s’ouvre en deux, dans une lenteur exaspérante, pour dévoiler la projection d’une peinture d’Utrillo, représentant – évidemment – Montmartre sous la neige, derrière laquelle se reflète la silhouette de Suzanne Valadon en train de peintre, la coupe est pleine ! Quel dommage.


Suzanne de Corinne Samama et Jean-Benoît Patricot
Théâtre Montparnasse
Du 25 septembre au 20 décembre 2026
Durée 1h30

Mise en scène Dan Jemmett
Avec Catherine Hiegel, Christophe Paou et Marc Prin
Figuration Laurette Lalande
Scénographie Dick Bird
Costumes Sylvie Martin-Hyszka, assistée de Sonia Bosc
Lumières Arnaud Jung
Assistante à la mise en scène Valérie Nègre.

Recevez notre newsletter

Chaque semaine, l'édito de la rédaction et un aperçu de tous les articles publiés sur le site.

Avec nous, pas de courrier indésirable. Vous pouvez vous désinscrire quand vous le souhaitez.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.