Après Punk.e.s et Culottées, Rachel Arditi et Justine Heynemann s’emparent de l’incroyable destin d’Olympe de Gouge. Figure emblématique du féminisme qui, en pleine Révolution française, s’est dressée pour défendre les droits des femmes et de l’égalité. À travers son combat, ce spectacle rend hommage à toutes les Olympe(s), celles d’aujourd’hui qui poursuivent le combat.
Une dramaturge oubliée

Le spectacle démarre sur une formidable mise en abîme du théâtre dans le théâtre. Louis XV vient de mourir. Sur un tréteau, une troupe joue le dernier acte d’une comédie. Une fois le salut passé, les comédiennes et comédiens conversent entre eux, tout en rangeant. Les uns rêvent de Comédie-Française, tandis qu’une autre se plaint de ne pas avoir de rôle à sa mesure. Le doyen radote ses anecdotes. Surgit alors la voix de la directrice de la troupe plus forte et surtout porteuse d’un accent terrible du Sud-Ouest. C’est celle de Marie Gouze, dite Olympe de Gouge.
Une sorcière comme les autres
En choisissant cette porte d’entrée, les autrices ouvrent le propos sur les trois siècles suivants et le long combat des femmes. Ne sachant pas écrire, l’éducation lui étant interdite, elle ne peut coucher ses textes par écrit. Son amant sera son scribe pour rédiger sa pièce sur l’esclavage, Zamore et Mirza, qui sera retenue par la Comédie-Française. Lorsque l’administrateur découvre que « cette merveille » est l’œuvre d’une femme, il refuse de la mettre en scène. Confrontée à ce mépris hérité d’un ordre patriarcal, Olympe se révolte. Une colère noire s’empare d’elle. Ce cri de révolte, porté par le souffle de la Révolution française en marche, ne cessera de grandir. Il résonnera dans les rues, donnant naissance à la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qui la conduira à l’échafaud.
Une belle complicité d’autrices

Dans un texte intelligent, ciselé avec finesse, et relevé d’un l’humour subtil, Rachel Arditi et Justine Heyneman retracent les faits historiques tout en s’amusant avec quelques anachronismes. La mise en scène enlevée et foisonnante de Justine Heynemann, portée énergiquement par la troupe, compose une véritable carmagnole où résonnent des airs emblématiques du répertoire contemporain. L‘univers visuel emprunte à l’esthétisme de la bande dessinée moderne. Les époques s’y télescopent, les costumes mélangeant les styles et les genres, faisant dialoguer hier et aujourd’hui dans un même élan.
Une ruche bourdonnante
En s’éloignant de la représentation habituelle que l’on fait d’elle, Rachel Arditi est une remarquable Olympe. Elle est entourée d’une belle équipe : Éléonore Arnaud, Marie Sambourg (étonnante Marie-Antoinette coppoliene), Kim Verschueren, Juliette Perret, Valérian Béhar-Bonnet (échappé des Mauvais Élèves), Antoine Prud’homme (un chérubin ayant mué en Robespierre), Sylvain Sounier, Simon Cohen, Adrien Urso, portent les mots et les idées dans une union parfaite. Celle d’un monde où toutes et tous seront, en droits comme en dignité, véritablement libres et égaux.
Olympe(s) de Rachel Arditi et Justine Heynemann
La Scala Provence – Festival Off Avignon
Du 4 au 25 juillet 2026
Durée 1h50.
Tournée (en construction)
13 octobre 2026 à Saint-Quentin (02)
15 octobre 2026 au Théâtre d’Herblay (95)
Mise en scène Justine Heynemann
assistée de Capucine Tincelin et Alexandre Lucas-Bécourt
Avec : Rachel Arditi, Éléonore Arnaud, Valérian Béhar-Bonnet, Simon Cohen, Juliette Perret, Antoine Prud’homme, Marie Sambourg, Sylvain Sounier Adrien Urso, Kim Verschueren.
Scénographie Marie Hervé
Lumières Helena Castelli
Costumes Julia Brochier
Perruques Julie Poulain
Musique Manuel Peskine
Chorégraphies : Charlotte Avias.



