Accroupi, les poings serrés au-dessus de la tête en geste de protection, il impose son immobilité dans la pénombre. Les minutes défilent. Doucement, Islam Elarabi pivote sur ses talons, nous tourne le dos, sans toutefois élargir son périmètre. Seuls ses bras et ses mains s’agitent en l’air. Lui qui revendique le fait de venir « d’un endroit où une seule dalle peut devenir une scène » déploie sa danse sur un espace réduit.
Puis le mouvement s’emballe. Le rythme s’accélère. À la retenue, succèdent l’exubérance, la vitesse, la débauche d’énergie. Debout face au public, le buste parcouru de tremblements, le danseur impose une présence fière, débarrassée de toute contrainte.
Un appel vibrant à la liberté artistique
Se libérer de ce qui opprime. Just One Tile plonge dans l’expérience personnelle et la mémoire corporelle pour suggérer un corps entrant en résistance. Le danseur puise dans l’énergie, la fierté et la puissance du mahraganat, ou électro chaâbi, emblématique de la culture de rue égyptienne. Son style singulier à la fois explosif et spontané fait écho à l’histoire d’une jeunesse poussée par la nécessité de se rebeller.
Dans ce solo fulgurant, Islam Elarabi convoque les traces laissées par la mobilisation sur la place Tahrir en 2011. Par sa seule présence baignée de fumigènes, il suggère combien l’espace public peut soudain se transformer en lieu de protestation, de rassemblement et de transformation. Just One Tile sonne comme un appel vibrant à la liberté artistique.
Just One Tile d’Islam Elarabi
4 septembre 2026 au Carreau du Temple dans le cadre du festival Les traversées du Marais.
Première en France le 3 juillet 2026 au Mucem dans la cadre du festival de Marseille
Durée : 30 mn
Concept, chorégraphie, direction et interprétation Islam Elarabi
Création musicale Walad
Soutien artistique et coordination Nataliya Nikolska



