Nous sommes en 1881. Le Palais Garnier, inauguré, il y a six ans, est clairement le joyau du Paris haussmannien. En ce soir de première, il brille de tous ses feux. Le public est au rendez-vous pour découvrir le Dom Juan de Monsieur Firmin (Fabian Richard), le directeur des lieux. Un brin fat, l’homme parade. À ses côtés, Carlotta (Ana Ka), que tout le monde est venu acclamer dans le rôle d’Elvire, joue les divas capricieuses. Dans sa loge, Christine (Maélie Zaffran) attend son tour. Elle débute, modeste et nerveuse, dans un petit rôle.

Rien ne se passe comme prévu. Depuis quelque temps, d’étranges phénomènes troublent les coulisses. Un fantôme (Bastien Jacquemart) rôde. Ange de la musique pour Christine, être démoniaque prêt à mettre ses menaces à exécution si ses exigences ne sont pas satisfaites pour les autres. Quand surgit Raoul (Louis Buisset), l’ami d’enfance épris d’elle, tout s’emballe. Le Fantôme, jaloux, frappe. Un drame éclate, la représentation s’interrompt. Dans la foulée, il enlève Christine et l’entraîne dans les profondeurs de l’Opéra, jusqu’au lac souterrain. Raoul se lance à sa poursuite pour sauver sa bien-aimée.
Un opéra à cent à l’heure
Le format (1 h 15) impose sa cadence. Tout se joue en une soirée, des amours contrariées aux révélations finales. Le pari était audacieux. Benoît Solès a donc choisi de resserrer l’intrigue à ce qu’elle a de plus essentiel et de miser sur une veine plus tragicomique que dramatique.
La mort rôde, les masques tombent et les réputations vacillent à vive allure. La cantatrice tonitruante n’est pas tout à fait celle qu’on croit. Le directeur prénommé Amadeus n’a pas le génie de son illustre modèle. Les clins d’œil fusent, les situations s’enchaînent tambour battant.
Côté mise en scène, Julien Alluguette fait beaucoup avec peu. Il joue des effets stroboscopiques et d’un décor mobile pour faire revivre, tant bien que mal, les ors de l’Opéra. L’ensemble reste très minimaliste, voire modeste, mais regorge d’inventivité. Les chansons, légères, manquent parfois de relief, pourtant l’énergie du plateau – la troupe est clairement au diapason -fait mouche.
Au centre, Maëlie Zaffran s’impose. Lumineuse en Christine, elle capte la lumière et l’attention. Sa voix, légèrement grave, magnétise la salle et donne une belle intensité à ce divertissement familial.
Le Fantôme de l’Opéra d’après le roman de Gaston Leroux
création 2025
Théâtre Antoine
À Partir du 22 octobre 2025
durée 1h20
Livret de Benoît Solès
Mise en scène de Julien Alluguette
chansons de Pierre-Yves Lebert
composition musicale de Marc Demais
avec Maélie Zaffran, Ana Ka, Bastien Jacquemart, Louis Buisset,
Catherine Arondel, Victor Marichal, Fabian Richard