Si Nourrir l’humanité est un métier, il devient malheureusement de plus en plus difficile d’en vivre. En effet, les petites et moyennes exploitations disparaissent au profit de grosses exploitations agro-industrielles. Augustin, éleveur de porcs, acculé par les dettes et épuisé de ne trouver ni aide ni solution pour s’en sortir, se suicide. Tout contre la terre est son histoire.
Lorsqu’elle devient veuve à 24 ans, sa femme Camille décide, avec l’aide du journaliste Antoine Jeandey, de témoigner de « cette misère qui s’est emparée des campagnes au point d’en tuer ses fils ». Rémi Couturier part de cet instant où la jeune femme, face au journaliste, entame son récit, cherchant les mots justes pour dire les maux mais aussi les joies de leur existence et l’absurdité du système. À travers une suite de scènes du quotidien, il déroule cette chronique d’une mort annoncée, celle d’Augustin comme celle du monde rural.
La scénographie est constituée de bottes de paille qui, selon leurs agencements, vont inscrire les lieux. La mise en scène de Marie Benati et Rémi Couturier s’appuie habilement sur ce champ d’action pour créer du mouvement et de belles images. Camille et Augustin sont incarnés avec une belle sensibilité par Charlotte Bigeard (The Fisher King) et Thibaud Pommier. Autour de ce pivot central, Rémi Couturier, Charlie Fargialla (La voix d’or) et Merryl Beaudonnet (Les Rochambelles) donnent vie aux divers personnages qui croisent leur destinée. Et comme dans la vie, ils nous font passer du rire aux larmes. Bravo.
Tout contre la terre de Rémi Couturier, d’après Tu m’as laissée en vie de Camille Beaurain et Antoine Jeandey
Comédie de Paris
Jusqu’au 14 juin 2026.
Durée 1h10.
Mise en scène : Marie Benati et Rémi Couturier
Avec Charlotte Bigeard, Thibaud Pommier, Rémi Couturier
Merryl Beaudonnet
Charlie Fargialla ou Emmanuel Gruat
Scénographie : Hélie Chomiac
Musique : Simon Meuret
Création Lumière : Dimitri Porget.