Ce mardi 7 octobre, la Cinémathèque avait déroulé le tapis rouge pour accueillir les invités du vernissage de l’exposition tant attendue sur Marilyn Monroe. On a beau savoir tant de choses sur sa vie, ses amours, ses « emmerdes », sa fin tragique, sa filmographie, cette icône qui brilla au firmament des étoiles d’Hollywood exerce toujours son pouvoir de séduction. La preuve en est dans ce magnifique travail de la commissaire de cette exposition, Florence Tissot.
I wanna be loved by you, poupoupidou

L’exposition démarre en présentant le cliché de la pin-up, avec toutes les images véhiculées. La jeune Marilyn se cherche. Puis, Florence Tissot casse le stéréotype. Sur un mur est projeté un extrait du film de Fritz Lang, de 1952, Clash by night (Le démon s’éveille la nuit).
On y découvre une jeune américaine bien saine, sortant de l’usine, dévorant une barre chocolatée parlant avec son jeune amoureux. Cette jeune fille blonde pleine de vie, expliquant à son ami qu’elle sait se défendre, n’est autre que Marilyn Monroe. Dans cette scène dont le réalisme s’approche d’un film de Roberto Rossellini, on comprend tout ce que cette jeune femme racontait au monde. A partir de cet instant notre regard change. Une question surgit : comment cette jeune fille si pleine de ressources et déjà si talentueuse, allait-elle être réduite à un seul objet de désir ?
Une vie cabossée
Des premières salles sur ses débuts, à la dernière sur son influence dans le monde de la mode et du spectacle, le parcours se déroule dans des paysages de photographies, d’extraits de films, de costumes et de vêtements (soutien-gorge compris), de journaux d’époque, de scénarios, de correspondances. Les murs de couleurs rouge théâtre offrent une nuance qui sied au teint de la star. Une comédienne, une femme, qui chercha toute sa vie à faire reconnaître sa légitimité.
La revanche d’une blonde

Une autre histoire se profile, celle de son époque. Les grands studios d’Hollywood et ses dirigeants créaient de toute pièce une certaine idée de la femme. Marilyn, affamée de reconnaissance, devenue sex-symbol, va cristalliser les contradictions des années 1950. Le puritanisme d’un côté s’opposait à une obsession de la sexualité de l’autre. Plus que jamais sa fameuse réplique dans le film d’Howard Hawks, Les Hommes préfèrent les blondes, résonne fortement. « Je peux être intelligente quand c’est important, mais la plupart des hommes n’aiment pas ça. » La nostalgie pour cette période technicolor en prend pour son grade. Et Marilyn en ressort grandie.