L’automne s’avance et, malgré le refrain des coupes budgétaires, les festivals font battre le cœur des villes. À Niort, Panique au Dancing, porté par Agnès Pelletier, resserre sa durée, mais pas son souffle. Dix-huit propositions dont quatre seulement payantes, cinq créations 2025, deux aventures avec des amateurs, un spectacle interactif et un focus jeunesse avec Tendre Carcasse, Check ! et une carte blanche au collectif ZAM. Trois jours pour faire de la danse une fête partagée, une ouverture cabaret avec la Cie Volubilis comme manifeste en mouvement.
À Limoges, les Zébrures d’automne célèbrent leur quarante-deuxième édition sous la houlette d’Hassan Kassi Kouyaté. Le regard se tourne vers la Méditerranée et le Moyen-Orient avec Sumaya Al-Attia, Sarah M, Bissane Al Charif ou le Théâtre National Palestinien. Le Burkina Faso, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie, la Guyane et le Congo élargissent encore les horizons. Des lignes se croisent de la Méditerranée aux océans avec Kaldûn d’Abdelwaheb Sefsaf, un bal participatif et le concert de clôture Bazaari d’Arash Sharkeshik, prélude au focus 2026 sur l’Est.
À Auch, comme chaque Toussaint, Circa transformera la ville en capitale du cirque contemporain. Sous la direction de Stéphanie Bulteau, une vingtaine de compagnies inventives dressent chapiteaux et scènes, mêlant cirque, théâtre, musique et danse. Le frisson, l’émerveillement et le vertige se glissent dans chaque instant.
À Paris enfin, il faudra attendre décembre pour redécouvrir les Amandiers rénovés. Christophe Rauck invente un début de saison au théâtre éphémère, en attendant de fêter dignement la réouverture. Mais déjà le Festival d’Automne bat son plein. Pendant deux semaines, la Maison des Métallos accueille la Casa do Povo de São Paulo, utopie culturelle brésilienne née en 1946, devenue laboratoire foisonnant où se mêlent théâtre, boxe, ateliers, projections et concerts. Trente-deux artistes, huit projets, des graines plantées pour réinventer les institutions. Une déflagration joyeuse, hospitalière et fertile.
Toujours sur les routes, dans les salles et sous les chapiteaux, nous continuons d’écouter le pouls du monde et de ses artistes. Chaque geste devient acte sensible, chaque apparition signe d’espérance.