Rien ne va plus

Édito du 23/02/2026
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Dans un climat politique tendu et à quelques heures d’un remaniement ministériel, la culture encaisse des coupes nettes. Le budget 2026 recule de 4,6 % et s’établit à 3,54 milliards d’euros. La création tombe à 1,009 milliard, la transmission à 722 millions, tandis que seul le soutien aux politiques culturelles progresse à 670 millions. Malgré les promesses, les moyens diminuent.

En parallèle, les discussions sur l’intermittence reprennent. Si le seuil d’heures augmente comme le souhaite le Medef, près d’un quart des professionnels pourraient perdre leurs droits. Une telle mesure fragiliserait un secteur déjà sous pression et menacerait encore plus l’équilibre du spectacle vivant. En réponse à cette nouvelle attaque, une journée de mobilisation aura lieu ce mercredi 25 février sur tout le territoire.

Au même moment, Ariane Mnouchkine écrit au public à la veille d’Ici sont les Dragons, Deuxième Époque. Elle présente ses excuses aux victimes, reconnaît ses aveuglements et assume sa responsabilité, tout en questionnant le vacarme médiatique. L’enquête suit son cours. Le Soleil continue d’avancer et envisage une transmission à Sylvain Creuzevault, sans renier son histoire.

Dans une lettre de soutien, le Syndeac défend Phia Ménard, ciblée de façon inadmissible pendant la campagne municipale nantaise. Amalgames et accusations infondées cherchent à l’intimider et à la discréditer. La rédaction de Coups d’Œil lui apporte son plein soutien et salue une grande artiste qui bouscule nos certitudes et ré-enchante nos imaginaires.

Tristesse encore, la disparition de Lynda Mihoub, attachée de presse et agent d’artistes, rappelle combien cet écosystème demeure fragile. Elle croquait la vie à pleines dents et déployait en toute circonstance une énergie irradiante, portée par une bonne humeur contagieuse qui nous manquera profondément. Son absence creuse un vide bien réel dans le paysage du spectacle vivant, et nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

Plus que jamais, alors qu’une tempête politique fragilise le pacte républicain, le secteur culturel, déjà très affaibli, doit rester debout. À Lyon, le 14 février, la mort d’un militant après des affrontements entre groupes radicaux ravive la colère face à un deux poids deux mesures criant. Depuis 2017, les violences « idéologiques » progressent. Huit personnes ont été tuées par des activistes d’extrême droite ; si les faits se confirment, la victime lyonnaise serait la première imputée à l’ultragauche. Une radicalisation qui fragilise le débat démocratique.

Tenir bon, continuer à bousculer les idées reçues, à réveiller les consciences et à éclairer le présent, même quand l’époque s’assombrit.

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