L’été du spectacle vivant s’ouvre dans un paysage contrasté. Tandis que Montpellier Danse souffle ses quarante-six bougies et que Marseille rallume ses scènes, le secteur se crispe à l’approche des festivals d’Avignon. Les programmations rayonnent, mais l’inquiétude gagne du terrain.
Reçues le 22 juin par Catherine Pégard, ministre de la Culture, les organisations professionnelles ont renoué un dialogue trop longtemps interrompu. FONPEPS, soutien à l’emploi artistique et liberté de création figurent parmi les priorités d’une seconde rencontre fixée au lendemain. Le Syndeac attend des réponses « à la hauteur de la gravité des enjeux ».
Pendant ce temps, les équipes artistiques s’organisent. Le 9 juin, au Théâtre Public de Montreuil, devant une salle comble, le collectif Livrer Bataille a dressé ses constats et ses lignes de conduite. Réunis au sein de l’ACDN, les artistes qui dirigent les Centres dramatiques nationaux lui ont apporté leur solidarité. Fort de plus de six cents signatures, le mouvement appelle à une coordination nationale et prépare une mobilisation d’ampleur dans la cité des Papes.
Face aux coupes budgétaires décidées unilatéralement et sans concertation, le champ chorégraphique avance lui aussi ses propositions. Avec « Ce que peut la danse », vingt mesures seront débattues le 24 juin lors d’une rencontre organisée en marge de Montpellier Danse afin de replacer la discipline au cœur des politiques publiques. L’urgence se mesure déjà sur le terrain. Amputé de cent mille euros par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le CCN de Grenoble a été contraint d’annuler son festival IMPACT.
Dans cette tourmente, deux nouvelles offrent un contrepoint bienvenu. À l’Opéra national de Paris, Thomas Docquir vient d’être nommé danseur Étoile au terme d’une Bayadère où il incarnait Solor. À Lyon, le prix Incandescences distingue Ryan Larras pour FRÈRE et Liora Jaccottet pour Sans Ulysse, deux artistes qui portent déjà de belles promesses.
Le rideau se lève donc sur un été de création autant que de mobilisation. Reste à savoir si l’État saura, enfin, tenir sa partition.