La grand-messe de l’art vivant parisien a sonné le rassemblement. Depuis le 11 septembre, le Festival d’Automne déploie sa cinquante-cinquième édition avec 450 représentations dans 58 lieux et des artistes venus de quarante pays. nora chipaumire y transforme sa carte blanche en « carte noire » et, avec nhereraHUB, croise danse, mode et littérature. Bouchra Ouizguen, Cassandra Miller ou Back to Back Theatre complètent cette édition qui fait circuler les formes et les imaginaires.
À rebours des grandes institutions, Bertrand de Roffignac poursuit L’Anomalie dans l’ancienne Académie de la Grande-Chaumière. Son théâtre « autonome exstitutionnel » se passe de subventions publiques et cherche son équilibre entre coréalisations et recettes partagées. Jusqu’au 27 novembre, une cinquantaine de rendez-vous vont s’y succéder, souvent choisis autour d’un café plutôt que sur dossier.
La rentrée ne saurait pourtant se résumer à ce foisonnement. Les coupes budgétaires continuent de malmener le spectacle vivant tandis que #MeToo oblige les maisons à interroger leurs pratiques. Ariane Mnouchkine vient de le faire publiquement. Dans sa lettre au public, elle évoque « un implacable examen de [son] manque de vigilance ». Le 30 septembre, Ici sont les Dragons reprendra à la Cartoucherie. Le théâtre continue avec les questions laissées par ces derniers mois.
À La Colline, Léonora Miano signe avec Redemption Song sa première mise en scène et explore ce que la colonisation laisse encore dans les corps et les relations entre l’Afrique et la France. Au Théâtre Fontaine, Louane fera ses premiers pas sur les planches, aux côtés de Guillaume Labbé, le 15 septembre dans 2:22 A Ghost Story, thriller à succès venu de Londres.
D’un lieu à l’autre, les réalités se croisent. Un festival international, un théâtre qui tente une autre économie, une institution confrontée à ses failles, de nouveaux visages au plateau. Pendant ce temps, les budgets se resserrent et les équilibres restent précaires. Le désir de créer, lui, demeure. Comme celui de retrouver les salles. La saison peut commencer, avec son enthousiasme et les inquiétudes qu’il ne saurait faire oublier.