Josef K. - Kafka - Clément Poirée © Fanchon Bilbille
Photo de répétition © Fanchon Bilbille

Josef K. : Le spectacle kafkaïen de Clément Poirée

Pour l’ouverture de la saison du Théâtre de la Tempête, son directeur et metteur en scène Clément Poirée présente son étonnante adaptation du Procès de Franz Kafka, livre non achevé, écrit entre 1914 et 1915, et publié à titre posthume en 1925. Cette œuvre majeure, portant en elle les affres du XXe siècle, résonne encore fortement.
14 septembre 2026
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Si l’action démarre, comme dans le roman, par le réveil en sursaut du jeune Josef K. devant deux gardes venus l’arrêter, Clément Poirée prend le parti du long cauchemar. Car être condamné à des accusations dont on ignore tout entraîne automatiquement et administrativement une situation cauchemardesque. Mais quand ces fautes sont de l’ordre de l’inconscient, édictées par des valeurs morales, spirituelles et culturelles, la situation devient totalement kafkaïenne.

Un spectacle pluridisciplinaire
Josef K. - Kafka - Clément Poirée © Fanchon Bilbille
© Fanchon Bilbille

C’est dans cette conception onirique, métaphysique et métaphorique que réside toute la richesse du spectacle de Clément Poirée, que porte sur ses épaules l’épatant Pascal Cesari (L’Avare, La nuit des temps). S’appuyant sur l’impressionnante scénographie d’Erwan Creff, éléments mobiles et mouvants qui créent autour du héros une déformation de l’espace, la mise en scène se fait hallucinatoire.

Les portes, que le jeune homme ne cesse désespérément de pousser, prennent vraiment sens. Avec son chapeau melon et son costume gris, Josef a des allures d’un personnage du peintre surréaliste René Magritte. Impression renforcée par la présence de ces doubles qui surgissent régulièrement. L’apport de la pratique circassienne, avec l’épatant Riccardo Pedri (Cœurs sauvages), permet des images fortes en référence aux insectes de La Métamorphose. Dans le foisonnement des scènes qui s’enchaînent avec une belle limpidité, Clément Poirée a dirigé précisément les comédiens et comédiennes dont la variété de jeu réjouit.

Un procès plein de bonnes intentions

Son adaptation très juste du roman a été augmentée d’extraits du Journal de Franz Kafka. Mais pourquoi avoir ajouté un bout de la pièce de Danill Harms, Elizaviéta Bam ? Pourtant très bien traité, ce passage, en hommage à l’art théâtral, apporte de la confusion et de la longueur dans le récit. Mais, reconnaissons-le, à part ce point, le spectacle reflète à merveille l’univers de Kafka, son humour et ses questionnements sur la condition humaine.


Josef K. d’après Le Procès de Franz Kafka
Théâtre de la Tempête – Cartoucherie – Paris
Du 11 septembre au 18 octobre 2026
Durée estimée 2h15

Adaptation et mise en scène Clément Poirée
Avec Pascal Cesari, Jeanne Lepers, Matthieu Marie, Riccardo Pedri, Lauren Pineau-Orcier, Nanténé Traoré, Aymeric Trionfo, Julien Villa
Collaboration à la mise en scène Sylvain Dufour
Scénographie, accessoires Erwan Creff assisté de Caroline Aouin 
Lumières Guillaume Tesson assisté d’Édith Biscaro 
Costumes Hanna Sjödin assistée de Camille Lamy
Taille costumes Lydie Lalaux
Musique, son Stéphanie Gibert assistée de Farid Laroussi
Maquillage, perruques Pauline Bry-Martin
Habillage Émilie Lechevalier, Solène Truong
Vidéo Thomas Rathier
Régie générale Yan Dekel 
Construction du décor Émilie Braun.

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