Le désir tenace de créer

Édito du 26/10/2026
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Ni la pluie ni le froid n’auront entamé la mobilisation. Malgré des interdictions souvent contestables au regard des libertés constitutionnelles, des recours rejetés et des changements de parcours de dernière minute qui ont parfois semé la confusion, les manifestants ont une nouvelle fois répondu présents ce samedi 24 octobre. Lycéens, étudiants, familles et artistes ont marché dans les rues de nombreuses villes en France, refusant que les violences survenues en marge des défilés de la semaine précédente éclipsent leurs revendications. Si des heurts ont éclaté dans plusieurs villes, malgré l’important dispositif policier, la plupart des cortèges se sont déroulés dans le calme. L’exécutif a salué le travail des forces de l’ordre, sans pour autant apporter les réponses attendues. La veille, l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière avait ajouté le deuil à la colère. Ce lundi, plusieurs rassemblements rendent hommage aux victimes, tandis que d’autres manifestations se préparent pour les 31 octobre et 5 novembre.

Ailleurs, les urnes ont parlé et les résultats donnent quelques raisons d’espérer. En Serbie, après deux ans de mobilisation contre la corruption et les dérives autoritaires d’Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 2014, la liste issue du mouvement étudiant remporte les législatives. L’ancien président a reconnu sa défaite dès le soir du scrutin, sans attendre les résultats définitifs. Au Brésil, au terme d’une journée chaotique et contre toute attente, Lula renverse la tendance du premier tour et décroche un quatrième mandat face à Flávio Bolsonaro. Rien n’était gagné d’avance.

En France, la culture continue de payer le prix des restrictions budgétaires. Devant les députés, Catherine Pégard défend un projet de budget 2027 en baisse de 0,6 %. La création perd 15 millions d’euros, après les 40 millions déjà retranchés en 2026. La part individuelle du Pass Culture recule encore de 20 millions. De quoi nourrir les inquiétudes d’un secteur déjà éprouvé.

Sur les scènes, pourtant, les projets ne manquent pas. Frédéric Rémy quitte Aurillac pour succéder en janvier à Charles Berling à Châteauvallon-Liberté. Avec Julie Deliquet, Jeanne Desoubeaux, Alessandro Sciarroni et le Munstrum Théâtre, il veut rapprocher les artistes des habitants, de la colline d’Ollioules aux quartiers de Toulon. À Martigues, Éric Gialis prend la direction des Salins et prépare Vice Versa, un festival annoncé pour mars. Reconduit aux Tréteaux de France, Olivier Letellier poursuit son travail au plus près des publics. Plus de 900 représentations sont prévues, dont 280 de Mauvaise pichenette !, lecture collective sur la montée des idées nationalistes chez les jeunes.

Ces initiatives n’effacent ni les coupes ni les inquiétudes. Elles disent pourtant le désir tenace de créer, de transmettre, de se rencontrer. De la rue aux urnes, jusque sur les plateaux, rien n’est jamais définitivement joué.

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