© Le Scrupule du Gravier / DR

Dans Mission Artémis, Maxime Touron redessine ses rêves d’enfant

Accueilli au printemps au Théâtre Transversal dans le cadre du Festo Pitcho avant de rejoindre la programmation du Off au 11·Avignon cet été, ce seul-en-scène est conçu avec finesse comme un conte qui traverserait les âges.
21 juin 2026
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Et si, au travers des millénaires, la mythologie grecque avait encore des choses à nous apprendre sur qui nous sommes ? En convoquant ses souvenirs d’enfant, Maxime Touron en fait le pari. Crayon à la main, un rétroprojecteur pour afficher dessins tracés en direct et photos de vacances sorties des archives, ce conteur moderne s’engage dans un récit bien plus complexe qu’il ne le paraît. S’appuyant sur quelques accessoires bien choisis, avec un dispositif scénique qui se suffit dans sa légèreté, il propose avec Mission Artémis un théâtre de narration qui se tisse progressivement, d’un fil à l’autre de l’histoire.

Mondes et merveilles
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Déjà à ses esquisses à l’entrée du public, Maxime Touron instaure d’emblée un rapport d’intimité – et de curiosité – entre les spectateurs et lui. À le lire dans ses yeux pétillants d’envie, le comédien a quelque chose à raconter, qu’il ne peut plus garder pour lui. Il s’apprête en réalité à embarquer dans une étonnante odyssée, où sa mémoire personnelle et familiale rencontre les mythes d’hier et les appétits d’aujourd’hui.

Il faut dire que l’ado qu’il était avait déjà des centres d’intérêt variés, aussi bien attiré par le dessin que par le basket, autant fasciné par l’espace que par la mythologie. Soupçonnait-il pour autant que, devenu adulte, tout finirait par se retrouver entremêlé dans un même spectacle ? Avec un enthousiasme qu’il ne cherche en aucun cas à dissimuler, il ressort alors les clichés pris au cours d’un voyage d’enfance à Éphèse, à la découverte des restes du Temple d’Artémis, l’une des Sept Merveilles du monde. C’est le point de départ d’un périple qui le dépasse largement.

Un petit pas
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Sans plus d’effet que celui de se dévouer sincèrement à son récit, Maxime Touron saute d’une légende à l’autre. La narration habitée, il partage ses connaissances sans en faire leçon et mène habilement sa barque jusqu’à l’écho très contemporain que trouvent les dieux grecs dans nos sociétés. Et pour cause, les coïncidences historiques ont de quoi alimenter les rêves. À l’image de cette expédition Apollo, du nom du jumeau d’Artémis, qui mena aux premiers pas sur la Lune et se tint précisément le même jour, des siècles plus tard, que l’incendie criminel du temple de la déesse.

Ainsi, il ne s’agit pas seulement de tourner le regard vers un passé magnifié par les poètes. Sur les traces de ce berger incendiaire, qui réduisit en cendres le précieux édifice, se lisent aussi bien certains symptômes de notre monde actuel. Le pyromane donnera en effet son nom à un complexe psychique devenu commun : celui d’être capable de tout pour atteindre la célébrité. De Donald Trump à Elon Musk – nouveaux conquérants de l’espace – en passant par les influenceurs ou les meurtriers surmédiatisés, le syndrome semble désormais bien assimilé.

La lune en tête

Pour autant, Mission Artémis – dont le titre est un clin d’œil affirmé à la nouvelle mission lunaire pilotée par la NASA – ne s’attarde pas sur ce constat. Pour Maxime Touron, c’est la poésie qui prime, que celle-ci passe par les étoiles, par les dessins ou par les mots. Les entrées dans le conte sont multiples et apparaissent dans un premier temps comme une mosaïque aux carreaux désassemblés. Mais par une écriture délicatement ficelée, tout finit par se mettre en perspective au fur et à mesure de la représentation. Le tableau qui en résulte est d’une belle tendresse, une ode à ces histoires que l’on prend plaisir à offrir autant qu’à écouter.


Mission Artémis de Maxime Touron
Création 2024
Vu au Théâtre Transversal – Avignon dans le cadre du Festo Pitcho
Durée 1h.

Tournée
4 au 25 juillet 2026 au
11·Avignon dans le cadre du Festival Off Avignon

Écriture et interprétation – Maxime Touron
Accompagnement artistique – Victor Assié
Création lumière – Pablo Hassani
Création sonore – Juliette Malfray
Regard complice – Geoffroy Rondeau

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