Cette saison, il incarnait Macduff dans Macbeth mis en scène par Silvia Costa. Son engagement au plateau, porté par son jeu unique et habité, donnait au personnage une belle intensité. En parallèle, Pierre-Louis Calixte continuait également à porter, en tournée, son Singulis autour de Molière, pièce profondément personnelle qu’il a créée en 2022.

Seul en scène, il s’adresse au dramaturge qui a fondé le Français comme à un ami de toujours, mêlant à la figure du dramaturge ses propres souvenirs et les fantômes familiers de son enfance. Entre confidences et fiction, il y évoquait un père dont la mémoire s’efface et affirmait combien le théâtre peut préserver de l’oubli. Sa voix précise et nuancée modulait l’émotion avec délicatesse, offrant au public un moment rare où l’art et la vie semblaient se confondre.
Un parcours entre tradition et modernité
Formé à l’École-Théâtre de la Belle de Mai à Marseille, Pierre Louis-Calixte s’est d’abord distingué dans la Compagnie Carcara, dans des œuvres de Michel Vinaver, Louis Calaferte, Lothar Trolle ou Heiner Müller. Son Macbeth fougueux sous la direction de Sylvain Maurice et son Pinocchio tendre, dans la mise en scène de Nicolas Fleury laissaient déjà entrevoir sa sensibilité, sa présence scénique unique.
Recruté par Marcel Bozonnet pour incarner Cléante dans sa mise en scène de Tartuffe, il entre à la Comédie-Française en 2006 et est nommé, sept plus tard, 524ᵉ sociétaire. Passionné par les textes classiques, il se glisse successivement dans la peau de La Flèche (L’Avare), Trissotin (Les Femmes savantes), Alain (L’École des femmes), Gusman (Dom Juan). Plus tard, il donne corps à Le Bret dans Cyrano de Bergerac ou à Jeppo dans Lucrèce Borgia, tous deux mis en scène par Denis Podalydès. Puis il incarne un Mercutio tout flamme dans le Roméo et Juliette d’Eric Ruf puis récemment Macduff, tour à tour noble, joueur et tragique, sous le regard de Silvia Costa.

Dans le théâtre contemporain, il transforme objets et objets du quotidien en théâtre vivant dans La Conférence des objets de Christine Montalbetti. Dans Haute surveillance de Genet, mis en scène par Cédric Gourmelon au studio de la Comédie-Française, il dessine un personnage habité, où désir et absence se mêlent.
Des planches au studio de cinéma
Au cinéma, il a joué dans des films de François Ozon, Alain Guiraudie et Patrick Mille. Avec sa disparition, le théâtre perd une voix à la fois délicate et puissante, capable d’incarner sa fragilité comme sa grandeur. Il restera dans nos mémoires comme un merveilleux comédien au cœur vibrant, fidèle au texte jusqu’à son dernier souffle.