Nicolas Verdier a travaillé avec le couple Lesort-Hecq sur 20 000 lieues sous les mers et Le Bourgeois Gentilhomme, alors qu’il était membre de l’Académie de la Comédie-Française, mais aussi sur Les Voyages de Gulliver. Si l’influence se fait sentir par instants, sous l’œil complice de Serge Bagdassarian et Carole Allemand, l’univers personnel de ce jeune comédien est assez fort pour marquer son spectacle, rendre son personnage Vendredi très attachant.
Robinson est parti depuis longtemps, laissant Vendredi sur son île déserte. Or voilà qu’un soir, des naufragés se sont échoués sur sa plage. Le « sauvage » sort de sa grotte. Pour faire connaissance, il leur expose ses morales, ses croyances et ses convictions. Entre diatribes irrésistibles, chansons – dont une du répertoire de Vladimir Vissotsky – et tours de magies, ce clown céleste se déleste de sa solitude.
Une des missions du Théâtre La Flèche est de permettre les premiers pas des artistes en devenir. Le texte va se polir au fil des représentations, tout comme va se peaufiner l’interactivité avec le public. En-dehors de ce petit point, le spectacle de Nicolas Verdier enchante. Possédant une formation d’architecte, l’approche plastique de sa scénographie est impressionnante. Quant à son clown, très inspiré de l’école russe (Slava Polunin, Igor Mamlenkov), il est remarquable. La poésie est au rendez-vous.
Vendredi, spectacle de Nicolas Verdier
Théâtre La Flèche
Du 10 octobre au 12 décembre 2025.
Durée 1h.
Avec la complicité de Serge Bagdassarian de la Comédie-Française et Carole Allemand
Collaboration artistique d’Anna Mamontova
Lumières, son et musique de Sarah Gachet
Costumes de Claire Fayel.