Dès les premières minutes, une tension intérieure traverse le corps de Bénédicte Charpiat. Tandis qu’elle s’avance vers le public, un fil invisible la relie à l’enfance, à cette petite fille qui se rêvait danseuse. Le texte apparaît par éclats. Quelques phrases suffisent à faire surgir les souvenirs, les blessures intimes, le dénigrement d’une mère, le deuil d’un père. Quand les mots bloquent, le mouvement prend le relais pour évoquer ses combats intérieurs. La voici animée d’une vitalité juvénile, puis soudain vidée de toutes ses forces.
« L’écrin où je déposerai mes peurs et mes pleurs »
Au fur et à mesure de ce seule-en-scène, le mouvement se fait plus ample. Les gestes d’abord saccadés deviennent plus fluides. Un espace s’ouvre autour de la comédienne. Là où le corps paraissait enfermé dans ses propres tensions, il retrouve peu à peu une souplesse. Elle chute puis se relève, court avant de s’effondrer de nouveau.
Ne m’enlève pas mon chagrin parle de douleur, mais aussi de transformation. « Mon corps dansant sera l’écrin où je déposerai mes peurs et mes pleurs. Avec lui, je trouverai la joie de regarder vers demain », confie-t-elle au public. La danse s’impose comme refuge, acte de résistance, mais surtout comme fil conducteur de sa vie.
Ne m’enlève pas mon chagrin de Bénédicte Charpiat
Théâtre La Flèche – Paris
3 avril au 5 juin 2026
Durée 1h05.
Texte et jeu – Bénédicte Charpiat
Mise en scène – Thierry Harcourt
Création lumière – Cécile Trelluyer
Costumes – Agathe Laemmel
Son et musique – Tazio Caputo
Chorégraphie – Charlotte Nopal