Le Varan voyageur - Le Dragon de Calais - François Delaroziere © Nohcab - Calais XXL
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Le Varan de voyage rejoint le Dragon de Calais, la ville est en fête

Du 7 au 9 novembre, la ville de Calais proposait de suivre, du matin jusqu’au soir, L’odyssée du Varan de voyage, un spectacle de rue créé par la compagnie La Machine, autour de trois créatures monumentales : le Dragon, le Varan et la Gardienne des Ténèbres. Retour enchanté sur la déambulation du samedi soir.
10 novembre 2025
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En 2019, la maire de Calais, Natacha Bouchard a mis en place avec François Delaroziere, directeur artistique de la compagnie La Machine et créateur d’objets de spectacles atypiques, un projet urbain et artistique de grande envergure pour transformer la ville. C’est ainsi que le Dragon de Calais a surgi. Cette machine de spectacle, de 72 tonnes, 27 mètres de long et 10 mètres de haut, est devenue une machine de ville, sur laquelle les visiteurs du front de mer peuvent monter pour une promenade guidée le long de la digue. Aujourd’hui, une nouvelle machine, de 15 mètres de long et 6 mètres de haut, le Varan de voyage, vient le rejoindre. Plus « agile », sa mission sera de circuler dans la ville, portant sur son dos les visiteurs.

Premier acte, la transhumance
Le Varan voyageur - Le Dragon de Calais - François Delaroziere © Nohcab - Calais XXL
© Calais XXL — Nohcab

En prenant place, le samedi après-midi, dans le bus qui fait la liaison entre la Gare TGV et la ville, un mot revient régulièrement dans les conversations : Le Varan. Cet adorable et néanmoins impressionnant saurien s’est réveillé la veille, dans le quartier Beau Marais, a découvert les rues de la ville l’après-midi, puis rencontré le Dragon, le soir. Ensemble, ils ont fait la connaissance de Lilith, la Gardienne des Ténèbres (statue imposante de fer et de bois, qui est habituellement au festival de musique Hellfest).

Deuxième acte, la découverte

Quand on sort du bus, on entend au loin les appels du Dragon et du Varan. Depuis le matin, ils ont parcouru les artères de la ville. Les parcours de l’après-midi viennent de se terminer, et les nombreux spectateurs qui les ont suivis déambulent dans les rues. Certains se rendent même déjà sur les lieux de rendez-vous du soir. Si ceux-ci sont connus, les trajets sont tenus secrets pour laisser place à « la surprise et l’irruption de la poésie ». Et pour ne pas se perdre dans les rendez-vous et l’histoire, un livre du spectacle est distribué gratuitement dans tous les établissements.

Le Varan voyageur - Le Dragon de Calais - François Delaroziere © Nohcab - Calais XXL
© Nohcab — Calais XXL

Il est 19h, les spectateurs ont le choix de trois départs. Les machines se réveillent, place de Norvège pour le Varan, place du Maréchal Foch pour le Dragon et devant la Mairie pour la Gardienne des Ténèbres. Nous avons choisi de suivre le héros du jour, le Varan.

Cette nouvelle machine, montée sur roues, est de toute beauté. Animée par les nombreux techniciens et manipulateurs, cette carcasse de fer et d’acier prend vraiment vie. Son regard lui donne des airs doux, sa langue un air facétieux. Il adore cracher de l’eau, lever la tête, humer le vent. Sa route croise à nouveau le Dragon. Ce cracheur de feu et de flocons est tout à son aise dans sa ville. Les habitants sont ses amis. Le nouveau venu semble tout petit à ses côtés. Les habitants et vacanciers, parents et enfants, sont venus en nombre, profitant du pont du 11 novembre. Une ambiance de joie festive règne.

L’initiation au feu

Sur les docks, quai Fournier, beaucoup de spectateurs sont déjà là. Les musiciens et la chanteuse, installés dans leurs nacelles, sont suspendus dans les airs. En bas, le maestro et compositeur de cette œuvre musicale, Mino Malan, donne le tempo. Les trois machines arrivent sous les cris des enfants, heureux de les accueillir. Dans un ballet d’effets, de feux, de jeux de lumière, se mouvant, tournant sur eux-mêmes, le Dragon et le Varan vont découvrir qu’ensemble, ils seront plus fort contre la Gardienne des Ténèbres Lilith. La première bataille est gagnée et les deux bestioles vont pouvoir s’endormir.

Troisième Acte, l’entente
François Delaroziere - dragon de Calais © Pauline David
François Delaroziere et le Dragon de Calais © Pauline David

C’est aujourd’hui dimanche, il est tôt et les rues commencent déjà à fourmiller. Beaucoup se rendent au Quai pour assister aux réveils des machines. D’autres s’installent place des armes, où le Dragon et le Varan viendront se reposer dans plus d’une heure et demie. Ils repartiront à nouveau l’après-midi et le soir, qui terminera cette aventure de trois jours.

Le magicien de Calais

Investir les rues, les cités, à travers la déambulation de machines et d’histoires est une des spécialités de François Delaroziere et de sa Compagnie La Machine.

Si le théâtre de rue est son domaine, son travail va au-delà du spectaculaire, car il est aussi pensé pour durer dans le temps. « Beaucoup de mes créations ont d’abord le statut de machine de spectacle puis celui de machine de ville lorsqu’elles transportent des gens sur leur dos. Leur présence pérenne et durable leur donne une fonction citoyenne ». Il n’est pas impossible qu’un jour un autre saurien, ou pourquoi pas un lézard, vienne les rejoindre, rappelant ainsi que Calais est « une terre de migration. Un passage, comme celui des animaux qui font le même chemin à travers champs. Les humains, dès qu’il y a conflit géopolitique, vont vers des terres promises. »


Le Varan de Voyage, l’odyssée, spectacle de la Cie La Machine
Mairie de CalaisCie du Dragon
Les 7, 8 et 9 novembre 2025.

Texte et mise en scène François Delaroziere
Création musicale, paroles et musiques Mino Malan
Création des effets Polo Loridant
Costumes Gaëlle Choveau, Julie Coffinières, Angélique Redureau
Création lumière Bruno Teutsch
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