À l’approche du départ annoncé de Rachida Dati du ministère de la Culture, sur fond d’échéances municipales, Chloé Dabert est nommée à la tête du Théâtre national de Bretagne à Rennes. L’artiste basée aujourd’hui à la Comédie de Reims, dont la mise en scène de Marie Stuart de Schiller tourne actuellement, prendra ses fonctions en janvier 2027.
Dans le prolongement du travail mené par Arthur Nauzyciel et ses équipes, elle entend faire du TNB un lieu de création ouvert aux écritures contemporaines autant qu’un espace de circulation des œuvres, en y affirmant sa propre ligne artistique. Le théâtre devient ainsi un lieu de rencontre, de dialogue entre générations et d’ancrage territorial, sans renoncer à l’international.
À Paris, le silence persiste du côté de La Colline – Théâtre national. Wajdi Mouawad quittera ses fonctions le 8 mars et aucun nom n’est encore annoncé. Le Président de la République doit nommer sa ou son successeur sur proposition du ministre de la Culture, tandis que le calendrier politique se resserre.
Pendant ce temps, les Hivernales, Bruit et Faits d’hiver font vibrer les plateaux. Dans quelques jours, le Festival Everybody ouvrira au Carreau du Temple avec Soa de Muse, Chiara Bersani, Alice Ripoll, Annabel Guérédrat et Living Smile Vidya. Le programme explore la place du corps dans l’espace social, déplace les identités, mêle performance, danse et parole et invite le public à prendre part aux propositions.
Parallèlement, le réseau des Scènes nationales annonce la mise en place de la Charte d’Engagement du Réseau pour la Transformation Écologique des Scènes nationales (C.E.R.T.E.S), adoptée par ses 78 structures lors de l’assemblée générale qui s’est tenue en décembre dernier. Dans les grandes lignes, les lieux s’engagent à prolonger les temps d’accueil, à réduire les déplacements et à concevoir les productions avec les territoires.
Tristes nouvelles, le paysage théâtral perd aussi deux figures. Côté artiste, Philippe Gaulier est mort à 82 ans, comme l’annoncent nos confrères de Télérama. Héritier de Jacques Lecoq, il a fait du clown une figure essentielle du travail de l’acteur et n’a eu de cesse de pousser ses élèves, de Simon McBurney à Yolande Moreau, à chercher la faille d’où surgit le rire.
Côté journaliste, Didier Méreuze s’est éteint après plus de trente-cinq ans passés à La Croix. Ancien élève du conservatoire de Bordeaux devenu journaliste par conviction, critique passionné, il parcourait sans relâche les scènes publiques avec quatre ou cinq spectacles par semaine tout en découvrant inlassablement les compagnies émergentes.
Entre nominations, festivals et disparitions, le spectacle vivant continue d’inventer sa respiration au gré des saisons qui se poursuivent.