Et soudain, le printemps !

Édito du 09/03/2026
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Il aura fallu attendre le dernier moment. À la veille du départ de Wajdi Mouawad, le nom de sa successeure à la tête du Théâtre national de la Colline est enfin tombé. Julie Deliquet prend la relève. Une annonce tardive qui met fin à des mois d’incertitude. Le metteur en scène avait pourtant annoncé depuis plus d’un an son souhait de quitter la maison avant la fin de son mandat. Dans les couloirs du théâtre comme dans le paysage culturel, l’attente pesait.

La metteuse en scène de 45 ans n’aura guère le temps de souffler. À peine un week-end pour faire ses adieux au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, qu’elle dirigeait depuis 2020, avant de rejoindre la rue Malte-Brun. Elle y laisse un CDN solidement ancré dans son territoire, attentif aux jeunes artistes et aux écritures d’aujourd’hui. Sur scène, son théâtre scrute les dynamiques de groupe et les tensions qui traversent les collectifs. Une question y revient souvent : comment tenir ensemble quand le monde se défait ?

À La Colline, l’échelle change. L’institution reste l’un des rares théâtres nationaux consacrés aux écritures contemporaines. Mais l’équation se resserre. Les charges augmentent et les marges artistiques stagnent. La maison demeure prestigieuse, mais elle avance désormais sous contrainte. Ce sera à la nouvelle directrice d’impulser son élan.

Pendant ce temps, le printemps gagne les plateaux. À Lausanne, les Printemps de Sévelin se poursuivent en dialogue avec l’Arsenic. Pendant trois semaines, la plaine de Sévelin devient un carrefour chorégraphique où se croisent artistes suisses et internationaux.

À Blois, Premières fois ! poursuit son exploration des écritures émergentes à la Halle aux grains. Théâtre, danse, musique, arts visuels et numérique s’y rencontrent dans des créations souvent hybrides. Plus proche de paris, à Vanves, Artdanthé ouvre sa nouvelle édition et poursuit son travail de défrichage. Une trentaine de spectacles venus de treize pays y composent un paysage mouvant, attentif aux formes indisciplinées.

La Normandie, elle, se met au rythme de SPRING, festival consacré aux nouvelles écritures du cirque. Chapiteaux, plateaux et espaces publics accueillent une constellation de propositions mêlant virtuosité et poésie physique. Enfin à Strasbourg, les Micro Giboulées du TJP célèbrent l’art de la métamorphose et, à Poitiers, les Rencontres de printemps du Méta CDN prolongent cet élan.

Une page se tourne à La Colline tandis que partout les plateaux s’animent. Le secteur reste traversé d’incertitudes. Les tensions internationales persistent et le climat politique intérieur se tend à l’approche des municipales. Pourtant, les artistes avancent. Le spectacle vivant reprend son souffle sans ralentir son tempo.

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