Le week-end de Pâques a ce parfum particulier où tout semble recommencer. Les terrasses se remplissent, les corps sortent de l’hiver, et les programmations des grands festivals, printaniers comme estivaux, commencent à se dévoiler. Elles dessinent déjà les lignes des mois à venir.
Dans cet élan, deux annonces concentrent l’attention. Le Festival d’Avignon et celui de Marseille doivent révéler leurs programmations dans les prochains jours. Elles structurent déjà l’horizon d’un été placé sous le signe des arts vivants, où l’on espère prises de risque, grands retours et nouvelles signatures.
Comme chaque année, Montpellier ouvre la saison. Le Printemps des Comédiens célèbre ses 40 ans dans un contexte de transition, après le départ de Jean Varela en décembre dernier. Eric Bart, jusqu’ici chargé de la programmation, assure l’intérim de la direction artistique de la Cité européenne du Théâtre pour un an et signe une édition qui articule créations, grandes signatures et présence des équipes régionales.
Dans le même temps, Montpellier Danse présente la première programmation du nouveau quatuor à la tête du lieu. Jann Gallois, Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter tiennent ensemble fidélité aux artistes et ouverture à la découverte, affirmant une direction tournée vers la création et les écritures d’aujourd’hui.
Plus au nord, la dynamique se prolonge. Dans la capitale, Paris l’été, co-dirigé par Marie Lenoir et Thomas Quillardet, présente sa deuxième édition. Le festival poursuit le déploiement engagé l’an passé, investit de nouveaux espaces, croise les disciplines, fait circuler les formes et élargit ses publics.
En région, d’autres anniversaires marquent la saison. Uzès et Vaison célèbrent leurs 30 ans. Ils maintiennent un ancrage fort, programment des artistes confirmé·es, accompagnent des émergent·es et renouvellent leurs formats. Ils continuent d’attirer, de rassembler et de faire évoluer leurs publics.
Dans ce paysage en mouvement, certaines voix viennent aussi déplacer le regard. Kaori Ito prend la parole et annonce son départ du TJP. Elle décrit les tensions traversées, interroge les conditions d’exercice de la direction artistique et met en lumière des fragilités structurelles.
À l’autre bout du spectre, une trajectoire s’inscrit dans la durée. Marcel Bozonnet célèbre 60 ans de carrière. Il poursuit son travail de plateau, transmet, reprend, transforme. Il inscrit son parcours dans le temps long sans jamais le figer.
Ainsi se dessine une saison où la création circule, se transforme et s’inscrit dans la durée. Elle engage les artistes émergents autant que celles et ceux qui construisent sur plusieurs décennies. Elle reste vive, active, déployée sur l’ensemble du territoire.