Y a-t-il quelque chose qu’elle ne sait pas faire ? Sur la scène du Théâtre de la Bastille, l’énergique Hortense Belhôte chante, danse, joue du ukulélé, fait d’hilarantes présentations power-point, se déguise, pratique le foot, le yoga, se mue en redoutable imitatrice…
Ces talents, la comédienne – qui est également historienne de l’art à la ville et sur Arte, où elle officie régulièrement dans l’émission de Patrick Boucheron Quand l’histoire fait date – les met au service d’une noble mission : vulgariser sa discipline auprès du grand public. Il s’agit plutôt de vulgariser une histoire féministe et queer, bien souvent oubliée des livres d’histoire. Ce mois d’avril, elle est présente au Théâtre de la Bastille pour présenter Une Anthologie, une somme de six de ses réjouissantes « conférences spectaculaires ».
Des pas de côté réussis

Difficile de ne pas apprécier la fantaisie avec laquelle Hortense Belhôte aborde chacun de ses sujets – on croirait que la comédienne a vécu mille vies –, et les détours qu’elle entreprend pour transmettre ses connaissances d’historienne. Le pas de côté est particulièrement réussi dans Portraits de famille, une conférence dans laquelle elle s’intéresse aux jeux vidéo et à la passion française pour la génétique, dans l’objectif de faire connaître les personnalités oubliées de la Révolution française.
Consultant son propre arbre généalogique, composé majoritairement de paysans normands et de maçons du sud-ouest, elle s’exclame : « Mon ADN apparemment chante la marseillaise depuis le néolithique ! ». Cette entrée en matière-là servira à documenter les cruautés de Jeanne Dubarry envers Louis Benoît Zamor, jeune homme capturé par les Anglais et emmené à la cour du roi de France pour servir comme esclave.
Châteaux et footballeuses

Autre fantaisie : la passion que la comédienne confesse pour le Château de Vaux-le-Vicomte, en Seine-et-Marne, auquel elle a dédié son mémoire de fin d’étude et qu’elle fait… visiter virtuellement aux spectateurs. On l’a dit, Hortense Belhôte sait tout faire.
Si le charme et l’humour de l’historienne ont beaucoup à voir avec le succès de ces conférences particulières, il peut arriver que la mayonnaise prenne un peu moins. C’est le cas d’Une histoire du football féminin, déjà jouée une cinquantaine de fois et démarrée dans un costume usé jusqu’à la corde, dans lequel la comédienne racontera l’histoire des footballeuses dans le monde… sans mettre à jour son propos, qui s’arrêtera curieusement dans les années 2010, juste avant la formidable explosion qu’a connu le foot féminin ces dernières années.
Une Anthologie d’Hortense Belhôte
Théâtre de la Bastille
Du 9 au 22 avril
Conception – Hortense Belhôte
Regard extérieur – Mickaël Phelippeau et Marcela Santander Corvalán (Une histoire du football féminin)
Collaboration artistique – Marcela Santander Corvalán (Performeureuses) Marie Quiblier, Léa Sallenave et Les Films de la Villeneuve (Et la marmotte ?) Lou Cantor, Mickaël Delis, Mathieu Grenier, Chloé Lamiable et Béatrice Massin (1664)
Création vidéo et son – Manon Le Roux (Histoires de Graffeuses)
Création vidéo – Theodora Fragiadakis (Portraits de famille – Les oublié·es de la Révolution française)
Chant et créations musicales – Nabila Mekkid, Gérald Kurdian, Aitua Igeleke, Sébastien Richelieu, Anaïs Rosso, Mathieu Grenier, Celia Marissal et Mexianu Medenou (Portraits de familles – Les oublié·es de la Révolution française)