Nous avions découvert une version de trente minutes de ce spectacle en 2024, lors de la dernière et ultime édition des Mises en Capsules au Théâtre Lepic, en même temps que Fin, fin et fin, La honte… On peut s’appeler Alain et sauver le monde possédait déjà toutes les bonnes bases d’une comédie déjantée. N’ayant rien perdu de son rythme, de son originalité et de sa force, sa version longue nous enchante.
Loin des écrans

À l’ère de l’utilisation intensive des images vidéo, de l’IA et des effets techniques, cela fait du bien de voir un spectacle à l’ancienne, bâti sur des bouts de ficelles solides. Les accessoires – six chaises, des morceaux de cartons, un vestiaire sur lequel les costumes sont accrochés, un treuil – forment l’ossature d’une scénographie qui laisse l’imaginaire du public en liberté. Il y aura, entre autres, un saut en parachute, une traversée des égouts et d’un conduit d’aération, une plongée spectaculaire dans un lac… Les trouvailles de mise en scène de Loïc Bartolini pour faire vibrer l’action, l’enchaînement des gags qui en découlent, déclenchent les éclats rire.
Un héros ordinaire
S’appuyant sur les codes des séries d’espionnages télévisées du temps de l’ORTF, Loïc Bartolini et Jean Chaffard-Luçon ont conçu un scénario totalement loufoque, où les situations les plus improbables se succèdent. L’histoire qui se déploie en six épisodes, générique compris, étant inénarrable, et le suspense étant à son comble, il nous est impensable de vous la dévoiler. Sachez juste qu’il y a d’un côté les méchants, une multinationale, de l’autre les gentils, une agence écolo. Au centre, Alain, un gars quelconque qui se retrouve catapulté dans une aventure qui le dépasse. C’est toute la saveur de ce pastiche bien dosé.
De sacrés branquignols
Céline Groussard, Salomé Talaboulma, Michaël Giorno-Cohen, Jean Vocat, Alistair Wright et Loïc Bartolini, alliant fausses maladresses à la dextérité, se lancent dans un tourbillon de déplacements, de changements de rôles, de cascades burlesques, de ruptures de tons. Cette troupe brillante mène tambour battant et sans fausse note ce spectacle déjanté, hilarant, qui n’en oublie pas d’être également intelligent. Ça fait du bien.
On peut s’appeler Alain et sauver le monde de Loïc Bartolini et Jean Chaffard-Luçon
Théâtre Michel – Paris
Du 5 octobre au 29 décembre 2026
Durée 1h30.
Mise en scène Loïc Bartolini, assisté de Marie Coustaury
Avec Céline Groussard, Salomé Talaboulma, Michaël Giorno-Cohen, Jean Vocat, Alistair Wright et Loïc Bartolini
Costumes : Mariana Lia-Martinelli
Accessoires et décors : Pauline Gallot
Sound Design : Gildas Prechac
Musique : Kévin Queille
Création lumière : Denis Schlepp
Coordinateur acrobaties : Mawunyo Agbenno.



