Une chanson, « ce n’est qu’un point dans l’infini, un petit bout de mélodie », fredonnait Charles Dumont. Elle s’invite dans nos têtes, se siffle du bout des lèvres ou se reprend en chœur. Si leurs paroles peuvent être douces à entendre, elles peuvent aussi déranger. Alors gare à la censure…
Zoé, directrice de la programmation culturelle d’une mairie, annonce au public l’annulation du spectacle qui devait se jouer ce soir car il est composé de chansons jugées par sa hiérarchie comme étant subversives. La voix d’un homme s’élève de la salle, c’est Armand qui s’insurge. Il la rejoint alors sur scène et entame avec elle un dialogue autour de leurs visions des choses. Là où elle voit de la provocation, lui y perçoit de la liberté. À travers des anecdotes et des chansons censurées pour diverses raisons (dont certaines nous laissent dans l’expectative), ils vont exposer et opposer leurs points de vue et tenter de définir ce qu’est la censure. Celle que l’on nous impose au nom de l’ordre moral et celle que l’on s’impose pour ne pas déplaire.
La dramaturgie de ce spectacle est judicieusement orchestrée autour d’un répertoire qu’il fait bon de réentendre. Julie Autissier et Raphaël Callandreau sont des artistes complets, qui allient le jeu et le chant dans une belle harmonie. La mise en scène de Nicolas Guilleminot fait circuler aisément les parties dites et chantées. Avec des jeux de lumière et ce piano planté au centre du plateau, il crée l’atmosphère d’un cabaret de la Rive Gauche de l’après-guerre. Leurs réflexions, le monde et la place de l’artiste dans la société, y trouvent une belle résonance.
Une censure sachant chanter, de la Compagnie la Voix du Poulpe
Théâtre Essaïon – Paris
Du 6 avril au 26 mai 2026
Durée 1h15.
Tournée
Du 4 au 25 juillet 2026 au Théâtre des Barriques – Festival Off Avignon
Idée originale et interprétation Raphaël Callandreau et Julie Autissier
Texte et musiques originales Raphaël Callandreau
Mise en scène Nicolas Guilleminot
Lumières Mathilde Monier
Costumes Barbara Gassier.