Il reste encore quelques jours avant que les festivals d’Avignon ne baissent le rideau. Une édition singulière, traversée par bien plus d’inquiétudes que d’insouciance. La canicule, une présence policière renforcée et, surtout, les menaces budgétaires qui planent sur tout le spectacle vivant ont marqué les esprits. Le gel des crédits, les coupes annoncées et les lettres de cadrage toujours attendues ont accompagné le festival de bout en bout. Les discussions ont souvent quitté les plateaux pour se poursuivre place de l’horloge, au cloître des Célestins, à la FabricA et même au pied du palais des Papes.
L’annonce du dégel de dix millions d’euros pour les vingt-huit structures concernées a offert un répit. Rien de plus. Les arbitrages à venir devraient confirmer une réduction durable des moyens consacrés à la création, bien loin du moratoire sur les coupes et de l’objectif de 1 % du budget de l’État pour la culture défendus par les organisations professionnelles.
Mais Avignon n’a jamais été le seul horizon de l’été. D’autres festivals prennent déjà le relais ou s’apprêtent à ouvrir leurs portes. De Figeac au Théâtre du Peuple de Bussang, de Chalon dans la Rue au Festival d’Aurillac, jusqu’à la Maison Maria Casarès, le spectacle vivant continue de circuler, d’inventer et de rassembler. Les syndicats du secteur y poursuivent les actions et discussions.
Tout au long de ce mois de juillet, notre rédaction s’est attachée, à travers la série « Un secteur en crise », à donner la parole à celles et ceux qui subissent au quotidien les conséquences des coupes budgétaires et des attaques contre le spectacle vivant. L’ambition était de rendre visibles, très concrètement, leurs effets sur les compagnies, les lieux, les équipes artistiques et les conditions mêmes de la création. Cette série se poursuivra après l’été avec de nouveaux entretiens consacrés au théâtre, à la danse, au cirque et à l’ensemble des acteurs du spectacle vivant.
Car si les festivals se succèdent tout au long de l’été, la mobilisation, elle, ne connaît pas d’entracte.