© Jean-Louis Fernandez

Musiques en héritage : La réjouissante veillée de Ludmilla Dabo

Autour des parcours de six comédiens, la metteuse en scène et comédienne signe un rituel passionnant sur la transmission de la musique et l’identité.
19 mai 2026
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Un autel avec bougies est disposé sur le devant de la scène. À l’arrière, apparaissent une à une les silhouettes de Ludmilla Dabo, et la bande des cinq comédiens-chanteurs-musiciens qu’elle a composée pour ce spectacle. « Ma mère a toujours bien chanté et nous a transmis le goût du chant », conte la comédienne à l’enthousiasme hautement contagieux, avant d’expliquer l’importance de la musique dans sa famille parisienne d’origine camerounaise. 

© Jean-Louis Fernandez

Mais, au lieu de verser dans le seule-en-scène autobiographique, Ludmilla Dabo organise ce réjouissant spectacle comme un rituel généreux, où chaque interprète peut raconter son histoire, à la fois musicale et familiale. Vient en premier le récit d’Élise Vigier, dont la mère anarchiste fut la fondatrice du Café de la Danse, à Paris. S’en suivent de somptueux chants maloya, que la très souriante Kaloune a hérités de ses ancêtres esclavagisés.

Transmettre avec joie

Plus surprenant, Gilles Normand, ancien membre des Poppys, chante tantôt les tubes de ce groupe des années 1970 composé d’enfants, tantôt les opéras allemands dont il tient le goût de ses parents. Louis Jeffroy, quant à lui, interprète aux côtés de ses cinq comparses une berceuse bretonne qu’il a connue par son grand-père.

Dans ce spectacle fort bien troussé, où s’alternent habilement les prises de paroles — toutes ressuscitent des époques, leurs désillusions et leurs utopies —, le plus beau reste sans doute le chant, orchestré par Ludmilla Dabo comme une grande fête.

Dans cette veillée, les traditions sont ramenées sur scène par le souvenir des héritiers, avant d’être transmises de nouveau, d’un comédien l’autre. Ainsi, dans une séquence magnifique, l’Amazing Grace de Ludmilla Dabo vient se mêler à ce chant breton. Comme pour nous rappeler que ces héritages, qui font la singularité des êtres et des histoires, ne demandent qu’à être transmis — et si possible, dans la plus grande des joies.


Musiques en héritage de Ludmilla Dabo
Créé le 19 mars 2026 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines

Vu au Théâtre de la Tempête – Paris
Du 6 au 24 mai
Durée : 1h45.

Avec Anthony Capelli, Ludmilla Dabo, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand, Élise Vigier 
Assistanat à la mise en scène Marie Desgranges 
Lumières Kevin Briard assisté de Hannah Kircher 
Son Alexandre Borgia, Patrick Da Silva 
Régie générale
Accessoires Hannah Kircher 
Costumes Alma Bousquet 

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