Quand George Sand tombe amoureuse de Frédéric Chopin, en 1838, elle écrit dans une longue lettre à Albert Grzymala, grand ami du compositeur : « De même qu’on n’est pas tous les jours sublime, on n’est pas tous les jours heureux. Nous […] ne posséderons pas tous les jours le feu sacré, mais il y aura de beaux jours et de saintes flammes. » Ces quelques mots résument la composition de ce spectacle sur cette relation passionnée et orageuse qui dura neuf ans.
Un feu sacré éternel

Pour cette re-création scénique de sa version « pièce concert » de 2009, Macha Méril a conçu, dans cet écrin qu’est la petite salle du Poche Montparnasse, une mise en scène de toute beauté. La reproduction d’une toile du peintre américain Paul Jenkins, aux couleurs chaudes, sert de décor. Les lumières et les sons (voix d’enfants, vents qui soufflent) nous transportent dans le jardin de Nohant, « La maison du vent » de Palma de Majorque, dans les salons parisiens, la chambre des amoureux, une salle de concert…
Deux âmes, deux talents
Vêtue d’un complet noir, cheveux coupés court, la comédienne donne à George Sand une silhouette masculine résolument moderne. Dans un jeu vibrant, Macha Méril fait ressortir l’intemporalité du féminisme de l’autrice, autre point fort de ce spectacle. George Sand est une femme libre, une autrice reconnue à une époque où les femmes de lettres étaient rares. Mais c’est aussi une mère attentive, une amoureuse exaltée, une garde malade attentionnée, une fine cuisinière, une femme qui refuse les compromissions…
En écho, il y a la musique de Chopin qui retrace intimement le ressenti du jeune compositeur de nature valétudinaire en prise avec ses nombreux tourments. L’excellent concertiste de renommée internationale, Érik Berchot, fait vibrer ces œuvres magnifiques composées lors de leur histoire d’amour, créant ainsi des réponses, voire des éclaircissements, au récit de George Sand. Et cette histoire d’amour légendaire prend alors tout son sens. Bravo.
Sand Chopin, d’après des textes de George Sand, réunis par Bruno Villien
Théâtre de Poche Montparnasse – Paris
Du 3 février au 25 juin 2026
Durée 1h15.
Interprété et dirigé par Macha Méril
Musiques de Frédéric Chopin
Au piano Érik Berchot
Lumières et sons : Dorian Mjahed-Lucas
Décor : reproduction d’une toile de Paul Jenkins
Coiffure : Charlène Ramon.