Anna et Cyrielle ne s’en cachent pas : elles n’ont découvert ce classique du cinéma américain que récemment. Lorsqu’elles le regardent pour la première fois, #MeToo est déjà passé par là. Dès lors, comment ne pas envisager la fuite de ces deux héroïnes sous le prisme d’une lutte à mener face au patriarcat ? Il faut dire que tout, du scénario à l’accueil du film à sa sortie, tend à rappeler à quel point le système masculiniste est profondément ancré dans nos sociétés, dans toute sa violence et sa dangerosité. Pour ce projet, les deux artistes décident donc de s’engager dans les pas de Geena Davis et Susan Sarandon afin d’en prolonger le parcours, entre combats quotidiens et désir de liberté.
Tous les mêmes
Pour Thelma, Louise et nous, adieu Arkansas et Colorado, bonjour Bretagne et Provence. Se projetant dans leur propre road trip, Anna Pabst et Cyrielle Voguet se réfèrent au film par va-et-vient, cherchant à le mettre en dialogue avec leur propre regard, leur propre expérience. Au fil d’une écriture qui alterne scènes reconstituées, témoignages et carnet de bord, les deux comédiennes, accompagnées à la mise en scène par Nicolas Bonneau et Nolwenn Le Doth, composent un objet pluriel qui veut rendre visible la violence systémique des hommes. Elles multiplient pour cela les niveaux de récit, dans une scénographie signée Claire Gringore qui façonne un espace de projection mentale tout juste habité par le souvenir d’une voiture et d’un comptoir.
Sur les traces de Thelma et Louise, elles convoquent alors les femmes de toutes les époques et de tous les univers. Fiction et réalité, personnalités et anonymes avancent d’un même élan dans ce qui devient rapidement un procès à charge contre le patriarcat. Au cours de leur plaidoirie qui met en miroir les hommes d’hier et d’aujourd’hui, Anna Pabst et Cyrielle Voguet en restent toutefois à un constat qui, bien que toujours nécessaire, ne parvient pas à approfondir les questions ainsi soulevées. L’appel à la sororité, grâce auquel elles imaginent une fin heureuse au film, peine malheureusement à faire résonner la pièce au-delà de l’anecdote.
Envoyé spécial à Grenoble
Thelma, Louise et nous de Nicolas Bonneau, Nolwenn Le Doth et Anna Pabst
Créé le 19 novembre 2025 au Théâtre Château Rouge – Annemasse
Vu au Théâtre Prémol – Grenoble dans le cadre du Festival des Arts du Récit
20 mai 2026
Durée 1h20.
Tournée
4 au 25 juillet 2026 au Théâtre des Halles dans le cadre du Festival Off Avignon
Sur une idée originale de Nicolas Bonneau, Nolwenn Le Doth et Anna Pabst
Texte et mise en scène de Nicolas Bonneau, Nolwenn Le Doth et Anna Pabst
Collaboration artistique – Cyrielle Voguet
Interprétation – Anna Pabst et Cyrielle Voguet
Composition musicale de Fanny Chériaux
Scénographie de Claire Gringore
Création lumières – Juliette Besançon
Création sonore et vidéo – Nicolas Maisse
Costumes – Anne Dumont
Régie lumières – Clément Lavenne
Réalisation du film – Isabelle Maurel et Elsa Thomas



