La Parisienne d'Alexandrie - Isabelle de Botton © Julie Peiffer
© Julie Peiffer

La Parisienne d’Alexandrie : Isabelle de Botton en toute liberté

En 2009, sous le titre Moïse, Dalida et moi, Isabelle de Botton dévoilait son enfance et sa famille. L’actualité étant ce qu’elle est, la comédienne reprend son spectacle sous un nouveau titre, plus universel mais tout aussi évocateur.
19 octobre 2026
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L’histoire de la famille d’Isabelle de Botton, installée depuis des siècles sur la terre des Pharaons, de son exode dans les années 1950 vers la ville lumière, méritait d’être contée. Éternelle optimiste, femme de cœur, cette Parisienne d’Alexandrie, a eu l’idée géniale de raconter ce passage de sa vie à hauteur de l’enfance, la sienne.

La petite se confronte toujours à la grande Histoire

Isabelle de Botton est née au Caire, dans une grande famille juive, aussi cosmopolite que l’était alors la capitale de l’Égypte. Une ville portuaire et millénaire tiraillée entre l’Orient et L’Occident, entre son passé et son futur. Et dans celui-ci, il n’y a plus de place pour « ces étrangers ». Même si depuis des générations, ils vivent là. Du haut de ses quatre ans, la petite fille ne saisit pas bien pourquoi, un soir, son papa n’est pas rentré à la maison. Nous sommes en 1956, l’Égypte vient de se libérer du protectorat des Anglais, le président Nasser a nationalisé le canal de Suez, à la grande colère des Britanniques, des Français et des Israéliens. C’est dans tous les livres d’Histoire. Ce que l’on ignore est que Nasser a fait arrêter et enfermer des hommes anglais, français et juifs.

La gamine s’interroge, questionne, cherche à comprendre ce qui se passe. Et à quatre ans, on a des visions assez naïves de la vie. Son père reviendra au bout de quatre mois. Elle ne reconnaîtra pas, dans cet homme brisé, ce « géant qui la soulevait pour lui faire toucher les étoiles ». Vient le temps du départ, où il faut abandonner un univers familier. Puis l’arrivée en France, où il faut s’adapter à un autre mode de vie et un autre climat.

Avec une aisance toute naturelle, Isabelle de Botton redevient cette petite fille espiègle et malicieuse qui se demande si les grands ne sont pas devenus fous. La famille, qu’elle incarne également, tente de trouver les mots et les images pour lui répondre. Remarquable comédienne, elle passe de l’un à l’autre avec beaucoup de finesse, dessinant chaque personnage d’un trait précis. Enchaînant les tableaux, jouant sur les couleurs de l’Orient, la mise en scène de Michèle Bernier, assistée de l’ex présidente de la SACD Sophie Deschamps, est à son image, vive et lumineuse. Passant du rire à l’émotion, on suit avec un grand bonheur le voyage initiatique de cette brillante Parisienne d’Alexandrie.


La Parisienne d’Alexandrie de et par Isabelle de Botton
Spectacle vu en avril 2009 au Studio des Champs-Élysées – Paris
Studio Hébertot – Paris
Du 19 octobre au 2 décembre 2026
Durée 1h15.

Mis en scène par Michèle Bernier
Assistante à la mise en scène : Sophie Deschamps
Décors : Koko
Musique : Marc Deschamps.

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