Les pièces d’Éric Assous, disparu trop tôt en 2020, ont fait les beaux jours des théâtres parisiens. Un de ses sujets de prédilection est le couple. Celui qui, avec ses petites faiblesses et trahisons en tout genre, doit faire face à l’usure du quotidien. Lorsqu’ils se sont rencontrés, Serge et Marianne se l’étaient promis, les yeux dans les yeux, du fond de leurs cœurs épris : On ne se mentira jamais.
La belle symphonie d’un couac
Formant, vingt-cinq ans après, ce qu’on appelle un couple heureux et solide, ils semblent avoir tenu leur promesse. Tout le premier acte démontre cette belle complicité à travers des petits gestes, des échanges de regards, des mots du quotidien. Marianne raconte le petit accrochage qu’elle a eu avec sa voiture et qui l’a conduite à mener à l’hôpital une femme sur le point d’accoucher. Serge l’écoute avec tendresse, sans se douter que ce hasard de la vie va être le grain de sable dans leur vie bien réglée.
Évelyne Bouix est irrésistible en femme sensible et déterminée, qui mène avec une grande habileté ce jeu du chat et de la souris. Tel une enquêtrice hors pair, elle sonde son cher époux pour lui faire avouer ce qu’elle sait déjà. Nicolas Briançon est remarquable en mari idéal à qui l’on donnerait sans hésitation le bon Dieu sans confession. Le regarder s’enfoncer est réjouissant. Bien qu’expert des joutes verbales, Jean-Luc Moreau signe une mise en scène un peu plan-plan. Néanmoins, celle-ci se concentrant sur l’interprétation d’une des meilleures pièces d’Éric Assous, ne boudons pas notre plaisir.
On ne se mentira jamais d’Éric Assous
Théâtre de Paris – Salle Réjane
Du 29 janvier au 17 mai 2026
Durée 1h20.
Mise en scène de Jean-Luc Moreau
en collaboration avec Anne Poirier-Busson
Avec Évelyne Bouix et Nicolas Briançon
Et la participation exceptionnelle de Tatiana Kandinsky.
Scénographie de Nicolas Sire
Lumière – Stéphane Baquet
Costumes – Carine Sarfati.