Cette 17e édition a été intitulé par ses organisateurs, Hélène Debrix et Lancelot Fétif, « Reprendre son souffle ». C’est ce que vont devoir faire les spectateurs durant toute la durée du Festival SPRING, dans cette vaste programmation composée de créations mais également de spectacles en tournée, comme Sortir par la porte, Nocturne [Parade], Sortir par la porte, Commencer à exister, « », Ignis, Le ring de Kartharsy, Face aux murs…

Pour cette journée, qui ouvrait le festival autant que les rencontres professionnelles, les propositions étaient nombreuses. C’est au Théâtre de l’Arsenal de Val-de-Reuil que nous avons commencé notre parcours, qui s’achèvera dans ce lieu magique du Cirque-Théâtre Elbeuf, en passant par la place de l’hôtel de ville de Sotteville.
Flam(m)e : hommage à Nadia Comaneci
Ce spectacle de la Cie ScoM avait connu une première forme à l’été 2024 dans le cadre des Olympiades culturelles. Le festival SPRING en accueille une version plus élargie, recréée spécifiquement pour la salle. L’une des particularités de cette compagnie, dirigée par Coline Garcia, est d’allier le texte aux gestes, comme c’était le cas pour leur précédent spectacle, La boîte noire.
S’inspirant du roman de Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais, Flam(m)e retrace le destin de la gymnaste roumaine qui a fait chavirer les Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Ce solo est remarquablement interprété par l’acrobate au sol, Clémence de Felice, qui cosigne également le texte. Ses prouesses physiques et sa qualité d’interprète portent l’histoire et les enjeux de ce spectacle. On comprend bien ce lien de plus en plus tangible qui s’est tissé entre le sport et les arts du cirque. Cela semble un peu plus complexe concernant l’époque et les drames traversés par la jeune athlète. La dramaturgie et la scénographie mériteraient quelques retouches, pour rendre le propos encore plus fort.
Ballroom : A perdre les sens

Le spectacle de Post Uit Hessfalen (PHU), compagnie du jongleur et vidéaste Stijn Grupping et de la metteuse en scène Ine Van Baelen, ne se déroule pas sous un chapiteau mais dans un camion. L’aménagement de l’intérieur de ce véhicule utilitaire est impressionnant. Des poutres, des murs sur lesquels le jongleur va faire rebondir ses balles pour qu’elles retombent dans leur caisse. Facétieuses, celles-ci jouent avec la gravité, elles obéissent où se rebellent. Comme par magie, elles s’arrêtent dans les airs, disparaissent et réapparaissent. Enfants et adultes s’émerveillent de la beauté poétique de ce spectacle.
Catharsis : Une vertigineuse histoire d’amour
Un violoniste et une violoncelliste s’installent sous les lampions de la fête. Un grand gaillard débarque (extraordinaire Basil Forest), sortant son propre violon pour se joindre à eux. Au-dessus d’eux, une structure en fer représente un pont d’où surgit une jeune femme (époustouflante Marianna Boldini). Perdue, elle se jette dans le vide. L’un des musiciens la voit et la rattrape au vol. En quête d’amour, elle ne lâchera plus les bras protecteurs, s’accrochant à son sauveur pour trouver sens à la vie.
Au son d’une musique à la sonorité tzigane de David Brossier, les deux artistes enchaînent des numéros de portés et de voltige, dans lesquels la confiance réciproque est essentielle. À part la dramaturgie, qui a besoin d’être clarifiée, ce spectacle de la compagnie Les Complémentaires, dont c’était la première représentation, est une petite merveille.
Envoyée spéciale en Normandie
Festival Spring
9 mars au 8 avril 2026
Flam(m)e, de la Cie ScoM
Durée 45 mn.
Ballroom, de la Cie Post Uit Hessfalen – Stijn Grupping
Durée 30 mn.
Carthasis de la Cie Les Complémentaires
Durée 1h.