Gratte Gratte - Margaux Lebrun - Cie 22h22 © Thierry Lebrun
© Thierry Lebrun

Gratte Gratte : Le beau ticket gagnant de la compagnie 22h22

Autour du texte de Margaux Lebrun, dans une mise en scène collective, la nouvelle création de cette toute jeune compagnie explore, à travers une belle histoire d’amitié, la solitude des jeunes des campagnes qui remplissent le vide de leur existence par diverses addictions.
Ecouter cet article

Après La Confiture de coings, qui explorait la vie d’un couple, Gratte Gratte de la Compagnie 22h22 séduit à nouveau. L’axe central de ce deuxième spectacle tourne autour de l’amitié. Celle qui unit dès l’enfance et qui, malgré les aléas de l’existence, reste profondément ancrée. Très subtilement, la ruralité et l’addiction satellisent l’histoire, la nourrissant ainsi de problématiques sociétales.

Une histoire à taille humaine
Gratte Gratte - Margaux Lebrun - Cie 22h22 © Stéphane Guilhou
© Stéphane Guilhou

À Reignac, petite commune de Gironde, où l’horizon s’ouvre sur les vignes, Gratte Gratte était un repère pour les jeunes du village qui avaient trouvé en lui une écoute indulgente. Ce marginal, accroché au zinc du seul bistrot du coin, avait une passion, les jeux de grattage. D’où son surnom. Nolan le découvre mort chez lui, tenant à la main un ticket gagnant de vingt mille euros. Son cœur avait lâché de joie ! Le jeune homme décide de lui offrir avec ce gain le plus bel enterrement possible.

Il lui faut reformer la bande des quatre d’antan. Pour Maureen et Tiffany pas de problèmes, elles vivent encore là. Pour la quatrième du clan c’est différent. D’origine bourgeoise, Nina est montée à la capitale poursuivre ses études. La Parisienne, qui s’était juré de ne plus remettre les pieds à Reignac, revient à l’appel de Nolan. Pour elle, qui écrit une thèse sur l’addiction aux jeux d’argent, ce retour au village confronte ses recherches à la réalité.

Un travail collégial

L’écriture de Margaux Lebrun passe d’abord par un travail au plateau, s’inspirant des improvisations des acteurs. De cette matière, où le vécu ressort fortement, elle en a tiré une pièce séquencée par de courtes scènes et des dialogues ciselés. Toutes les intentions des personnages sont nourries. 

Gratte Gratte - Margaux Lebrun - Cie 22h22 © Thierry Lebrun
© Thierry Lebrun

Nolan (épatant Hugo Samperiz) reproduit malgré lui les schémas de sa mère et de Gratte Gratte : attendre le coup de pouce d’un ticket gagnant. Maureen (Emmanuelle Taton à la sensibilité à fleur de peau) se noie dans l’alcool et la sauvegarde du bar-tabac familial, dernier bastion commercial du village. Tiffany (formidable Zoé Lignac), l’éternelle petite Glue, comme ils l’ont gentiment surnommée, a trouvé son équilibre dans la banalité d’une existence bien rangée. Si Nina (poignante Clara Navarro) a pu s’émanciper, elle demeure perdue dans la ville et admet qu’il est toujours bon de se ressourcer auprès des siens.

Toute l’action se situe dans un espace clos, le Point jeune. Cette salle de fête mise autrefois à leur disposition avait été le cocon de leur enfance, leur refuge d’adolescent. S’y retrouver comme autrefois leur permet de faire le point sur le passé, leurs regrets, leurs espoirs, afin d’envisager l’avenir. Entremêlant flashbacks et instant présent, ne perdant jamais son rythme, l’histoire résonne très fortement.


Gratte Gratte de Margaux Lebrun
Théâtre La Flèche – Paris
Du 4 avril au 6 juin 2026
Durée 1h10.

Mise en scène collective
Avec Clara Navarro, Hugo Samperiz, Zoé Lignac, Emmanuelle Taton o
u Margaux Lebrun
Lumières Ylan Thanos.

© Compagnie 22h22

Recevez notre newsletter

Chaque semaine, l'édito de la rédaction et un aperçu de tous les articles publiés sur le site.

Avec nous, pas de courrier indésirable. Vous pouvez vous désinscrire quand vous le souhaitez.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.