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Gérard Chaillou : adieu bel artisan

Ce 2 août 2025, le monde du théâtre est une nouvelle fois en deuil et pleure la disparition d’un comédien de grand talent. Digne héritier de Julien Carette, cet immense second rôle — rendu célèbre par son personnage de DRH dans Caméra Café — laisse derrière lui un parcours exemplaire.
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Avec sa mine débonnaire d’oncle de province, Gérard Chaillou excellait dans chacune de ses prestations. Il n’avait pas la carrure d’un premier rôle, mais possédait toute l’envergure nécessaire à ce que l’on appelle les seconds rôles, dans lesquels, en homme de troupe, il brillait. Il s’est éteint en plein été, à 79 ans, des suites d’un long combat contre la maladie.

Un homme de troupe fidèle

Il m’est impossible de ne pas associer Gérard Chaillou au metteur en scène Pierre Pradinas. La première fois que je l’ai vu sur scène, c’était en 1999, dans Jacques et Mylène de Gabor Rassov à la Gaîté-Montparnasse. Un spectacle devenu culte par sa fantaisie exceptionnelle. Il partageait l’affiche avec François Cluzet, Valérie Bonneton, Anne Caillon et Thierry Gimenez. Avec ce dernier, il formait un duo parfait, celui des grands clowns.

Pierre Pradinas, fondateur de la géniale compagnie du Chapeau Rouge, avait trouvé en lui le partenaire idéal pour un compagnonnage artistique durable. C’est ainsi que nous l’avons applaudi plus d’une fois, dans Le Conte d’hiver de Shakespeare (2002), Fantômas revient de Gabor Rassov (2005), 29° à l’ombre et Embrassons-nous, Folleville ! de Labiche (2011). Je me souviens, alors que j’étais allé voir le spectacle à Colmar, d’un dîner où, avec ses camarades de jeu — Romane Bohringer, Thierry Gimenez, Gabor Rassov, Cyril Monteil, Mathieu Rozé — et leur metteur en scène, nous avions tant ri. Mais je me souviens aussi de sa grande écoute, de son attention aux autres, toujours en demande de savoir ce qu’il « fallait aller voir ».

Un air de famille

S’il était un homme discret, son sourire et la pétillance de son regard vous enveloppaient d’une chaleur réconfortante. Son parcours était à la hauteur de ses goûts : variés, mais exigeants. Dès son entrée dans le métier, en 1971, avec Jean-Pierre Vincent, il enchaîne les collaborations fidèles, notamment auprès de Michel Dubois, mais aussi avec de grands metteurs en scène : Roger Planchon, Peter Brook, Maurice Bénichou, André Engel, Jean Dautremay, Jacques Lassalle, Xavier Durringer, Alain Sachs, Alain Françon, Vincent Ecrepont, et, en 2016, Marc Paquien.

Ses dernières apparitions à l’écran furent dans la formidable série de son amie Romane Bohringer, L’Amour flou, où il incarnait un prêtre ; et bien sûr, en 2023, pour les vingt ans de la série Caméra Café de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h. Adieu Monsieur, vous avez si bien servi votre art.


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