Le tango est né dans les bas-fonds de Buenos Aires à la fin du XIXe siècle, issu des mélanges culturels de la population. Débarquant à Paris en 1920, dans l’effervescence des Années folles, cette musique fait rapidement chavirer les corps dans le quartier de Montparnasse. Bourgeois, artistes et milieu interlope se l’approprient pour lâcher toute leur sensualité.
Séduction et nostalgie
Pour construire son spectacle, Marcial Di Fonzo Bo part de ce coup de foudre entre Paris et Buenos Aires. Puis, « l’Argentin de Paris » digresse à travers des textes, puisés dans les œuvres d’auteurs, tels que Copi ou Julio Cortazar, dit par Rodolfo de Souza en voix enregistrée. Joués en direct, le spectacle aurait été plus vivant. Les images vidéo, qui accompagnent le récit, nous entraînent dans les rues de Buenos Aires, celles d’avant la dictature et celles d’aujourd’hui. Le canevas de son livret ne parvient pas à dessiner un fil narratif solide sur lequel s’appuyer. On se perd dans les dédales de son récit. Mais ce pas de côté ne nous empêche pas de savourer la beauté de ce spectacle.
La cage de scène sert d’écrin à ce cabaret intemporel aux lumières chatoyantes. Les musiciens, menés par Patricio Bonfiglio, et la divine chanteuse Antonela Alfonso font sonner les notes déchirantes du tango. On reconnait les compositions du maître Astor Piazolla et du français Philippe Cohen Solal (Gotan Project). Sur l’impeccable chorégraphie de Mauro Caiazza, les danseurs et danseuses exécutent avec maestria cette danse où les corps se courbent, fléchissent, chaloupent, les jambes se croisent, s’enlacent…
Comme le chantait Guy Marchand dans Moi je suis tango tango : « Toutes les femmes sont des roseaux, que je plie dans un sanglot ». Les pas de deux se font alors sensuels pour évoquer l’amour. Les corps-à-corps se font combats. Rappelant que cette danse était aussi celle des « mauvais garçons », les voyous et caïds des bas-fonds. Et nous sommes projetés au-delà de l’Atlantique, dans un tourbillon qui donne envie de danser, de chanter et de vivre.
¡Tango! Livret, mise en scène et lumière Marcial Di Fonzo Bo
Théâtre Montparnasse – Paris
Du 12 mai au 12 juillet 2026
Durée 1h15.
Danseuses et danseurs : Sabrina Amuschastegui, Mauro Caiazza, Manuco Firmani, Emile Gayoso en alternace avec Gastón Olgun, Micaela Spina et Nayhara Zeugtrager
Chanteuse Antonela Alfonso
Musiciens Patricio Bonfiglio, Aude-Liesse MIichel ou Hugo Alberto Hoffmann, Jaime Patricio Flores Caceres ou Fabian Ishibashi
Voix off Rodolfo de SOUZA
Musiques d’Astor Piazolla, Philippe Cohen Solal, Patricio Bonfiglio, Osvaldo Pugliese, Francisco Canaro
Extraits de textes de Julio Cortazar, Horacio Ferrer, Eladia Blazquez, Copi
Direction musicale Patricio Bonfiglio
Chorégraphie Mauro Caiazza
Films Nicolas Mesdom
Régie générale Guillaume Ledun.