Hamlet
© Christophe Raynaud de Lage

Hamlet par Thibault Perrenoud : Un ambitieux geste populaire

Présentée en itinérance dans la programmation du Festival d'Avignon, cette version explosive et soucieuse d’embarquer son public réduit volontairement le texte original à portion congrue, quitte à perdre un peu de Shakespeare en route.
18 juillet 2026
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Après avoir mis en scène trois versions différentes de Hamlet avec des distributions toujours plus resserrées, Thibault Perrenoud récidive avec cette nouvelle proposition en itinérance, prévue pour seulement trois comédiens. Dans une salle des fêtes, quelques chaises en plastique et trois tables nappées de draps blancs figurent le mariage imminent de Claudius et Gertrude, dont les spectateurs sont les heureux convives. C’est tout, et c’est directement avec l’union incestueuse que tout démarre. Pas le temps pour le reste de l’intrigue, encore moins pour les personnages secondaires.

Drame familial
© Christophe Raynaud de Lage

Condensée en une heure et demie, cette version d’Hamlet signée Clément Camar-Mercier trace son chemin sans s’arrêter, et laisse sur le bas-côté les copieuses intrigues guerrières de la pièce, pour se concentrer sur ce qui semble être l’essentiel, aux yeux de son metteur en scène : le drame familial, qui finira par rendre dingue le prince du Danemark, joué par Thibault Perrenoud lui-même.

Ces choix de coupes trouvent aussi à s’incarner dans la distribution, ingénieuse, qui fait de la comédienne Aurore Paris l’interprète d’Ophélie et de Gertrude, devenant à la fois femme et mère d’Hamlet, manière habile de souligner la dimension psychanalytique du texte. Et, si celui-ci est délesté d’un bon bout de Shakespeare, le même a été largement enrichi en blagues et clins d’œil aux coupes budgétaires et aux mobilisations qui font le quotidien du spectacle vivant.

« Burlesque et évolutif »
© Christophe Raynaud de Lage

En dépit de quelques maladresses, force est d’admettre que Thibault Perrenoud réalise avec ce Hamlet un geste ambitieux qui rend ce spectacle vraiment populaire. Du dispositif trifrontal, qui permet aux acteurs de déambuler au milieu du public, jusqu’à l’attribution du rôle de Claudius à l’un des spectateurs, en passant par les nombreuses adresses et variations de rythme, ce spectacle tente des choses.

Il est fait de moments un peu bouffons, d’autres pour lesquels le metteur en scène aurait pu choisir de moins simplifier et faire un peu plus confiance à son public. Il n’empêche que la promesse faite par le prince du Danemark, en début de représentation, d’un spectacle « burlesque et évolutif », est bien tenue, même si tout n’est pas parfait.


Hamlet d’après William Shakespeare
Spectacle présenté en itinérance au Festival d’Avignon
Du 8 au 25 juillet 2026
Durée 1h30

Tournée
Du 1er au 4 octobre 2026 – Scène nationale du Sud-Aquitain – Bayonne
Du 10 au 12 décembre 2026 – La Comète Scène nationale – Chalon-en-Champagne
Du 21 au 28 janvier 2027 – Le Parvis Scène nationale – Tarbes
3 et 4 février 2027 – L’Azimut – Antony
16 mai 2027 – Scènes et Cinés dans le cadre du Train Bleu – Fos-sur-Mer

Avec Aurore Paris, Guillaume Motte, Thibault Perrenoud 
Texte William Shakespeare 
Traduction, adaptation, dramaturgie Clément Camar-Mercier 
Mise en scène Thibault Perrenoud 
Scénographie Jean Perrenoud 
Lumières Nicolas Faucheux
Création son Emile Wacquiez
Costumes Emmanuelle Thomas  
Collaborateur artistique Mathieu Boisliveau 
Régie générale, plateau et son Raphaël Barani

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