Napoléon - Maxime d'Aboville © Sébastien Toubon
© Sébastien Toubon

En fin stratège, Maxime d’Aboville s’attaque à Napoléon

Le comédien Maxime d’Aboville endosse à nouveau sa blouse grise de professeur d’histoire de France pour aborder cette fois-ci une figure complexe, Napoléon Bonaparte, ce petit caporal devenu le premier Empereur des Français, qui a marqué la mémoire nationale et traversé les écrits des plus grands écrivains.
2 septembre 2026
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La précédente leçon d’Histoire de France proposée par Maxime d’Aboville explorait la Révolution française, jusqu’en 1793. Il était donc logique que la suivante porte sur Napoléon Bonaparte, dont l’ascension commence à cette époque. Car ce « mâle » nécessaire a surgi des entrailles de la Révolution, pour remodeler un pays qui en avait alors bien besoin. Oscillant entre modernité et tyrannie, entre génie militaire, œuvre réformatrice et autoritarisme politique, admiré autant que détesté, celui qui s’autoproclama Empereur terminera sa grand et impressionnante ascension en exil sur l’île d’Elbe, où il meurt en 1821 en devenant un mythe national.

« J’ai une étoile avec moi et, tant qu’elle ne m’abandonnera pas, je suis appelé à changer la face du monde »

Ce cours magistral s’appuie, comme les autres, sur les écrits de grands écrivains, ici François-René de Chateaubriand, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Léon Tolstoï. Pour structurer cet ensemble littéraire, le comédien a puisé dans le Napoléon de Jacques Bainville etNapoléon raconté à tous les enfants de Raoul Guillaume. Ce maillage solide lui permet de dérouler dans un style remarquable la grande épopée napoléonienne, de la campagne d’Italie à son tombeau. Sans parti pris, Maxime d’Aboville fait revivre les grandes heures de gloire (Arcole, Égypte, Austerlitz), les dérapages, les excès, les querelles familiales (délicieux moments autour d’un châle), les réformes politiques, les déroutes et la chute (la campagne de Russie et Waterloo), l’île d’Elbe. Autre détail, ce cours permet de visiter aussi les avenues, boulevards et ponts de Paris, dont la plupart portent les noms des maréchaux napoléoniens ou des grandes victoires.

Depuis sa prestation dans La conversation de Jean d’Ormesson, dont on retrouve quelques passages, on savait que Napoléon perçait sous d’Aboville. Son physique, sa gestuelle, son phrasé sied à l’image d’Épinal du caporal fougueux devenu un Empereur malade de l’estomac. Le comédien s’en amuse entre deux textes, recréant les poses des grands tableaux. Sa mise en scène s’appuie sur l’espace vide, entouré par deux toiles – l’une bleue, l’autre rouge -, laissant les mots dessiner paysages et lieux. Butinant les mots comme une abeille, aérien comme un aigle, Maxime d’Aboville nous transporte par son interprétation flamboyante. Bravo.


Napoléon, spectacle conçu et interprété par Maxime d’Aboville
Théâtre de Poche Montparnasse – Paris
Du 31 août 2026 au 3 janvier 2027
Durée 1h10.

Textes de Victor Hugo, François René de Chateaubriand, Léon Tolstoï, Jean d’Ormesson
Lumières : Dorian Mjahed-Lucas
Décor : Marguerite Danguy des Désert
Texte édité à L’Avant-Scène histoire.

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