Une semaine folle de tractations, de retournements de vestes et de petites trahisons. La politique française ressemble de plus en plus à un vaudeville de Feydeau : un décor inchangé, des acteurs épuisés, et des portes qui claquent dans le vide. Hier soir, dans la nuit, le Premier ministre démissionnaire lundi dernier, reconduit vendredi, a présenté son nouveau gouvernement de mission. Annoncé comme un tournant, il n’est à peu de chose près qu’un copier-coller du précédent, celui qui n’avait pas tenu quinze heures. À la Culture, la reconduction de Rachida Dati achève de lever le doute. Rien ne change, vraiment…
Pendant ce temps, le spectacle vivant continue de se battre pour respirer. À Bagnolet, le théâtre de l’Échangeur vit sous perfusion. En deux ans, il a perdu plus de 100 000 euros de subventions, malgré une activité en plein essor et une fréquentation record. La DRAC, la Région, le Département se renvoient la responsabilité pendant que le lieu tente de sauver ce qui peut l’être. Ce mercredi 15 octobre, une nouvelle assemblée publique réunira artistes, habitants et soutiens pour imaginer l’avenir. À défaut de moyens, il reste la mobilisation et l’obstination. La culture n’est pas un luxe, elle est un bien commun.
Dans les nouvelles du monde, deux images se télescopent. Diane Keaton s’éteint, laissant orphelin un certain art de la nuance, tandis que Donald Trump s’autoproclame artisan d’une paix à Gaza, arrachée au forceps et déjà pleine de zones d’ombre. L’une incarnait la liberté et la sincérité, l’autre la mise en scène et le calcul. Entre grâce et cynisme, le contraste résume bien notre époque.
Et pourtant, dans les salles, la vie continue. Au TNP, Clara Hédouin adapte la pensée écologique de Baptiste Morizot. Au TNS, Alexander Zeldin explore le quotidien des intérimaires. Au Méta, Aurélie Charron fait entendre les voix d’artistes syriennes et ukrainiennes. À la MC2, Brahim Koutari évoque le racisme ordinaire qui émaille son parcours d’artiste de son enfance à aujourd’hui.
Prendre le pouls du monde, interroger la société, éclairer ce que l’on ne veut pas voir : c’est tout cela, le théâtre. Nécessaire, salutaire !