Mais qui est donc cette Gildaa, dont la voix claire envoûte dès les premières minutes un public que l’on devine d’emblée acquis à sa cause ? Retranchée d’abord dans une longue robe assez austère, la jeune femme harangue la grande salle de La Ferme du buisson de sa petite voix fluette et indécise en apparence. À n’y pas bien regarder, on croirait presque avoir devant soi une vieille femme. Impression vite dissipée, tant ses chansons valsent vite, et d’un genre à l’autre : soul brésilienne, jazz, RnB, samba…
Dans ce spectacle millimétré, Gildaa, qui n’a en réalité que trente ans, aborde avec un goût évident pour le théâtre des thématiques que l’on a l’habitude de voir traitées dans cette discipline artistique, plutôt que dans la musique. L’emprise d’abord, puis la transmission entre plusieurs générations de femmes, les souffrances liées au genre, mais aussi le souci d’être blanche, tout particulièrement lorsque l’on accuse des origines brésiliennes.
Au gré des changements de rythmes (musicaux et scéniques) et de costumes, accompagnée de deux musiciens à la guitare et à la batterie, la chanteuse propose une prestation toute en contrastes, où la performance louche sans cesse sur le registre du cabaret. Une réussite qui célèbre sans cesse la magie du théâtre, sans jamais avoir besoin de tout à fait en être.
Gildaa
La Ferme du Buisson – Noisiel
Le 7 mai 2026
Durée : 2h.
Tournée
Le 28 mai à La Cigale – Paris
représentation adaptée en LSF Aurore Corominas et Périne Paniccia
écriture, composition et direction artistique Camille Constantin Da Silva
chant, kora, violon, percussions, machine à écrire GILDAA
guitare et basse Mathias Durand
percussions Zé Luis Nascimento
en alternance avec Kayode Encarnaçao adaptation LSF Thumette Léon Aurore Corominas
collaboration artistique Edouard Penaud Yndi Da Silva
son Joachim Cairaschi
lumières Valentin Paul
scénographie Amina Rezig
réalisation Accès Culture