Inspirés par les Exercices de style de Raymond Queneau, Nicolas Turon (Mademoiselle Gazole) et Vincent Zabus ont écrit plusieurs histoires autour d’une même action. Un homme au vêtement usé surgit au coin d’une rue, portant une paire de chaussures dépareillées et un sac un plastique contenant quelque chose de rond. Il s’arrête devant une porte qu’il regarde et n’ose franchir, se gratte le nez, observe le ciel, sort son paquet de cigarette, hésite puis le range, s’assoit sur un banc, regarde la vieille bicyclette qui y est accrochée et repart comme il était venu. Cette action va se répéter et se décliner tout au long du spectacle.
Une plongée dans l’intime romanesque
Un membre des Bonimenteurs convie les spectateurs à prendre place dans un gradin d’une trentaine de places, sur un siège portant un titre bien précis. Une fois le public installé, chacun découvre sous son assise un casque audio, dans lequel un air de musique brésilienne résonne à son oreille. Puis le personnage surgit du coin de la rue et l’histoire démarre. Pour ma part, la première histoire que j’entends, très sensible, parle de solitude. Mais, devant moi, une spectatrice hurle de rire, un autre semble frémir, mon voisin se lève brusquement avant de se rassoir…
Lorsque l’homme tourne le coin de la rue, nous enlevons nos casques et le Bonimenteur, ce jour-là l’impayable Valentin Demarcin, qui a retenu nos prénoms, nous invite à changer de siège. Le personnage revient, refait les mêmes gestes, et dans nos casques une autre histoire surgit. Le parcours vertigineux commence.
La répétition des gestes et des déplacements du comédien, qui parcourt le même itinéraire une dizaine de fois, impressionne. Lors de notre venue, le comédien Simon Wauters, que nous avions découvert dans une version marionnettique du Songe d’une nuit d’été, assurait cette performance. Les récits diffusés dans les casques sont parfaitement maîtrisés. Les bruitages et les musiques le sont tout autant. Inspirés par la poésie du quotidien, les textes, d’une durée de trois minutes cinquante, séduisent par leur univers profond, sensible ou drolatique. Au fur et à mesure de la représentation, l’ambiance entre les spectateurs devient conviviale. À chaque changement de siège, chacun recommande une histoire, donne son avis. Et comme les trente versions ne peuvent être entendue dans leur totalité, une seule solution : Revenir…
Au coin de ma rue, de la compagnie Les Bonimenteurs
Spectacle vu le 31 mai 2026 au Festival Onze Bouge – Paris
Festival Parade(s) – Nanterre
6 et 7 juin 2026.
Tournée
9 au 21 juillet 2026 à 18h, sf les 13 et 14, à 18h au Festival Villeneuve-en-Scène, dans le cadre de la programmation du Théâtre des Doms – Festival Off Avignon
Suite de la tournée sur le site des Bonimenteurs
Textes et mis en scène Nicolas Turon et Vincent Zabus – Avec Valentin Demarcin, Nicolas Turon, Simon Wauters -Vincent Zabus, Coline Zimmer.
Voix : Charlie, Coline Zimmer, David Notebaert, Emmy Simonet, Fanette Hourt, Fayssal Benbahmed, Francoise Markun, Gautier Colin, Hervé Dubois, Jean GIAbin, Jérôme Rousselet, Julie Seniura, Laurent Arnold, Les Bonnasses (Otilly Belcour, Marie Grosdidier et Marie Lissnyder), Marisa Pereira, Maroine Amimi, Nadine Ledru, Nicolas Turon, Romain Dieudonné, Samuel Laurant, Simon Wauters, Sophie Lajoie, Stéphanie Coppé, Vadim Turon Soulier, Valentin Demarcin, Vincent Huertas, Vincent Zabus
Chanson : Manuel Etienne
Instrumental : Fabrice Bez
Habillage sonore : Gautier Colin et Benjamin Cahen
Modélisation et fabrication décor : Jean Louyest.