Hemingway - Pascale Moine-Frémy- Elie Rapp © Cédric Avannier
© Cédric Avannier

Hemingway : En son jardin au Paradis du Lucernaire

Le comédien à l’imposante stature, Jérôme Paquatte, retrace à travers un récit conçu solidement par Pascale Moine-Frémy la vie et l’œuvre de l’écrivain américain qui défraya la chronique par sa vie et suscita l’admiration par ses œuvres.
17 septembre 2026
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L’écrin du Paradis, la petite salle du Lucernaire, est converti en bureau de l’écrivain. Les lumières sont celle du soleil couchant dans la torpeur cubaine. Sur une table, on aperçoit la machine à écrire et dans le bar de nombreuses bouteilles. Nous sommes en 1954, Ernest Hemingway vient d’apprendre qu’on lui décerne la reconnaissance suprême, le prix Nobel de littérature. Regardant la mer au loin, le vieil homme ouvre la boîte aux souvenirs, de son enfance en 1899 à son suicide en 1961.

« La seule écriture valable, c’est celle qu’on invente… C’est ça qui rend les choses réelles. »

Le récit de Pascale Moine-Frémy ne suit pas la chronologie mais les méandres de la pensée de l’écrivain et journaliste. Un homme qui a traversé les deux Guerres mondiales et celle d’Espagne, vadrouillé en Afrique le fusil à l’épaule, et traîné dans Paris qui était alors une fête, de bar en bar. Auréolé de mystères, d’exubérances, de prises de position, de comportements excessifs à la Kessel, l’homme est une figure marquante de son époque.

Si son œuvre a influencé la littérature américaine du XXe siècle, le cinéma y a puisé matière pour donner vie également à des chefs-d’œuvre en technicolor. L’homme revient sur ses rencontres, dont celle improbable avec Al Capone. L’écrivain explique son style. L’alcool, la bipolarité et les douleurs, dues à de nombreux accidents, forment pour lui un lot de souffrance. Depuis, la science a diagnostiqué le mal héréditaire dont la famille Hemingway souffre, une surcharge de fer dans l’organisme.

La mise en scène élégante et rythmée d’Élie Rapp et l’interprétation habitée de Jérôme Paquatte donnent au spectacle un sacré cachet. Le comédien, qui incarna avec sa bonhomie Dram Stocker, le père de Dracula, dans la série des enquêtes de Julien Lefèvre (Le cercle de Whitechappel, Les voyageurs du crime, L’heure des assassins), est à son aise en « Papa » Hemingway. Ne cherchant jamais à l’imiter, il donne chair à ses tourments, ses questionnements, ses réactions souvent démesurées. Si l’enjeu de ce spectacle est de donner l’envie de (re)plonger dans l’œuvre de l’écrivain, il est de ce point de vue, totalement réussi.


Hemingway, de Pascale Moine-Frémy
Lucernaire – Paris
Jusqu’au 8 novembre 2026
Durée 1h15

Mise en scène Élie Rapp
Avec Jérôme Paquatte
Création lumière Dan Imbert
Fabrication décor Pascal Duchaussoy.

© Lucernaire

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