Erwan Creignou © FabienneRappeneau
© FabienneRappeneau

Erwan Creignou : La scène comme élément moteur

Le comédien joue en début de soirée au Lucernaire son excellent seul-en-scène Robinson, puis file à quelques rues de là, à la Gaîté Rive Gauche, pour Mission Florimont. Ce « petit Suisse » monté à Paris pour faire du théâtre revient sur son parcours.
12 octobre 2025
Ecouter cet article
Vos débuts

Votre premier souvenir d’art vivant ?
J’ai sept ans, et c’est l’histoire d’un homme seul sur une île… J’ai complètement plongé, tout oublié du monde autour. J’étais sur cette île, totalement, absolument.

Robinson - Erwan Creignou © Caverne Pourpre
Dans Robinson d’après l’œuvre de Daniel Defoe © Caverne Pourpre

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette voie ?
À 23 ans, j’ai quitté ma campagne helvétique pour assister, par curiosité, à quelques cours de théâtre à Paris. J’en faisais déjà en amateur dans la salle communale de mon village. J’ai découvert le cours de Joëlle Guillaud, aux Cours Simon : une révélation, une évidence. Je voulais être là, sur scène, apprendre avec elle. J’ai adoré ma professeure — je lui dois énormément.

Qu’est-ce qui vous a guidé vers cette spécialisation ?
La scène est un amplificateur de vie. Chaque geste, chaque émotion, chaque mot est intensifié. Tout devient crucial. On vit très fort sur scène, et j’aime ça. Le public amplifie encore cette sensation : il la fait résonner, vous renvoie une énergie phénoménale.

Racontez-nous le tout premier spectacle auquel vous avez participé…
C’était dans la salle communale de mon village, à Cully, en Suisse. J’avais 14 ou 15 ans et un rôle plutôt comique. Au bout de cinq minutes, j’entends des rires après mes répliques : effet dingue. J’adore ça, j’en fais encore plus. Je plane, « ivre » de plaisir. Et à la fin, une immense fierté, la joie du spectacle réussi… et une vraie prise de confiance.

Passions et inspirations
Erwan Creignou - L'embarras du choix - Azzopardi © Emilie Brouchon
Avec Sébastien Azzopardi dans L’embarras du choix © Emilie Brouchon

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
La trilogie de Wajdi Mouawad, en 2008 : sept heures de spectacle ! Je pensais partir à l’entracte… et j’ai pris une claque magistrale. Je ne savais pas que le théâtre pouvait être ça. Récemment,  Makbeth du Munstrum Théâtre, m’a procuré la même intensité. Des pièces qui vous happent et ne vous lâchent plus jusqu’aux saluts.

Quelles belles rencontres ont marqué votre parcours ?
L’opération Talents de l’ADAMI pour le Festival d’Avignon : j’y ai travaillé Le Prince de Hombourg et Danton sous la direction de Gérard Desarthe — une expérience marquante, une direction d’acteur qui m’a emmené loin. J’ai aussi joué avec Nadia Barentin : un bonheur d’actrice.

Et Sébastien Azzopardi, avec qui je collabore souvent  (Mission Florimont, Le tour du monde en 80 jours, L’embarras du choix…). On se connaît depuis longtemps, et j’adore son théâtre burlesque, façon Monty Python. Côté technique, Adrien Hollocou : un créateur d’univers sonores merveilleux. Il m’a accompagné sur Robinson — précieux.

Où puisez-vous votre énergie créative ?
Dans le partage avec les spectateurs : les embarquer, les transporter, recevoir leur énergie en retour. C’est une drogue, la scène.

En quoi ce que vous faites est essentiel à votre équilibre ?
Si je m’arrête, cela me manque très vite. C’est vital, comme boire, manger, rire ou rêver.

L’art et le corps

Que représente la scène pour vous ?
Un amplificateur puissant de toutes nos émotions. Un lieu où tout devient possible.

Erwan Creignou - Lady Agatha © Marie Charbonnier
Avec Camille Favre-Bulle dans Lady Agatha ou la vie incroyable d’Agatha Christie d’Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos © Marie Charbonnier

Où ressentez-vous, physiquement, votre désir de créer et de jouer ?
Des pieds à la tête !

Rêves et projets

Avec quels artistes aimeriez-vous travailler ?
François Morel, Yolande Moreau — pour leur humour et leur poésie.

Si tout était possible, à quoi rêveriez-vous de participer ?
À un grand projet de science-fiction, au cinéma ou au théâtre.

Si votre parcours était une œuvre d’art, laquelle serait-elle ?
La nuit étoilée de Van Gogh… Ou La Grande Vadrouille ! Je ne sais pas répondre à cette question…


Robinson, de et avec Erwan Creignou, d’après l’œuvre de Daniel Defoe
Spectacle créé en décembre 2024 au Théâtre de la Huchette
Reprise au Lucernaire
Du 27 août au 2 novembre 2025
Durée 1h10

Assistante mise en scène Marine le Houëzec
Son d’Adrien Hollocou
Régie Yves Thuillier

Mission Florimont de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino
La Gaîté Rive Gauche
Du 7 juin 2025 au 4 janvier 2026.
Durée 1h40.

Mise en scène de Sébastien Azzopardi
assisté de Camille Jolivet

Avec Déborah Leclerq ou Camille Favre-Bulle, Benoît Cauden ou Pierre Marazin, et en alternance Sébastien Azzopardi, Erwan Creignou, Pierre Khorsand, Pascal Buil, Matthieu Burnel.
Musique d’Hervé Devolder
Décor d’Olivier Prost
Vidéo de Nathalie Cabrol
Lumières de Philippe Lacombe
Costumes de Jackie Tadeoni
Accessoires de Pauline Gallot
Chorégraphies de Linda faoro et Cathy Arrondel
Coach vocal Camille Favre-Bulle.

Recevez notre newsletter

Chaque semaine, l'édito de la rédaction et un aperçu de tous les articles publiés sur le site.

Avec nous, pas de courrier indésirable. Vous pouvez vous désinscrire quand vous le souhaitez.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.