Maxime Potard © Ulrike Monso

Maxime Potard : La scène pour toile blanche

Au Théâtre des Halles, dans le cadre du Festival Off Avignon, l'artiste protéiforme du Détachement International du Muerto Coco présente, du 4 au 25 juillet 2026, Danser dans mon petit salon sans me poser de questions, un solo dansé et chanté qui déjoue avec malice les injonctions viriles. L'occasion de revenir sur ses débuts et ses envies.
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Vos débuts

Votre premier souvenir d’art vivant ?
C’était devant Le Cercle de craie caucasien, monté par le Théâtre des Chimères à Biarritz. Une comédienne traversait un « pont » fait de trois planches, tenues à bout de bras par six personnes qui se relayaient et avançaient, faisant évoluer le pont. Et il y avait un ventilo géant qui envoyait une bourrasque sur la comédienne, qui hurlait son texte là-haut. Ça m’a fait une sensation de grand huit.

L’Aube de la création de Maxime Potard, Chalon dans la rue 2021 © DR

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette voie ?
Quand j’étais au lycée, je n’étais pas content d’être en cours, et j’ai vite capté que, toute la semaine, j’attendais le mercredi, le jour de l’atelier théâtre. La solution était donc simple, il fallait juste que je trouve comment faire ça tous les jours. J’avais besoin de dire « salut les ami·es » en arrivant au « boulot » chaque matin. Et j’ai la chance de pratiquer ce métier ainsi depuis quinze ans, entouré uniquement de personnes avec qui nous nous sommes choisi·es.

Qu’est ce qui a fait que vous avez choisi d’être artiste ?
Côté théâtre, généralement, on commence par jouer. Et j’aimais ça, jouer, les textes, les histoires, tout ça, mais je n’étais vraiment pas à l’aise sur scène à l’époque. Honnêtement, comme j’étais hyper égocentrique, je me suis entêté à y rester. Il fallait que je sois vu, même si ce n’était pas la bonne raison. Puis j’ai rencontré un formateur qui m’a appris, justement, à mettre mon ego de côté et à fabriquer des choses sur un plateau de théâtre, en tant qu’acteur. Là, je me suis mis à vraiment m’amuser et à être à l’aise en scène. C’était juste une autre façon d’envisager le plateau, plus joyeuse.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Le tout premier, j’étais en CE2. J’avais mis en scène un épisode de Tom-Tom et Nana, celui où leur grande sœur Marilou ne trouve pas son shampoing. Je jouais Tom-Tom, alors que j’aurais dû jouer Marilou, mais en CE2 je n’étais pas prêt. Anecdote marquante, ce sera programmé au Palais des papes pour l’édition 2027. Je jouerai Marilou, enfin.

Passions et inspirations

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Encore le Théâtre des Chimères. Quasiment toutes les pièces de Copi montées sur des tréteaux. Il n’y avait aucune technique autour des acteurs, rien. C’était aussi la première fois que je voyais du théâtre queer. Et puis le stage au plateau que j’ai fait avec Jean-Marie Broucaret, le directeur, quand j’étais en formation d’acteur. On passait de longs moments à pousser les murs du théâtre, à courir en cercle, à marcher sur talons aiguilles, et nos corps n’ont plus jamais été les mêmes au plateau, toute la promotion.

Danser dans mon petit salon sans me poser de questions de Maxime Potard © Jean-Jacques Abadie

Quelles belles rencontres ont marqué votre parcours ?
Alain Simon, le directeur du Théâtre des Ateliers, où j’ai fait ma dernière formation d’acteur. Jacques Rebotier, compositeur de musique contemporaine, qui écrit de la poésie et mélange le parlé et le chanté. Son travail et son humour m’accompagnent depuis quinze ans. Marc Prépus, un ovni des arts de la rue, un mélange de Jack Nicholson et de Philippe Katerine. On s’est vus jouer, on s’est mis à faire des spectacles ensemble et on s’est mutuellement appris à être plus libres en scène. Et puis Rebeka Warrior.

En quoi ce que vous faites est essentiel à votre équilibre ?
Le fait que ça rassemble des personnes autour de la poésie, au sens large, me fait du bien. De voir que c’est irremplaçable. Et c’est un espace dans lequel, quand c’est moi qui joue, mon anxiété n’existe plus.

Où puisez-vous votre énergie créative ?
En voyant les autres faire. En faisant des siestes. Et en écrivant la nuit, quand tout le monde dort.

L’art et le corps

Que représente la scène pour vous ?
Une toile blanche.

Où ressentez-vous, physiquement, votre désir de créer et de jouer ?
Dans la poitrine.

Rêves et projets
L’Aube de la création de Maxime Potard, Chalon dans la rue 2021 © DR

Avec quels artistes aimeriez-vous travailler ?
Pourquoi pas avec Jinkx Monsoon, une drag queen américaine, avec Wayne McGregor, dont Entity est la pièce de danse que j’ai préférée de toutes celles que j’ai vues, ou avec le collectif Brique sur Table, dont Histoires de poules est mon spectacle préféré de cette année.

Si tout était possible, à quoi rêveriez-vous de participer ?
Une performance simultanée dans le monde entier, un rendez-vous mondial, mais sans caméras.

Si votre parcours était une œuvre d’art, laquelle serait-elle ?
Une comédie musicale. Une de Jacques Demy, John Waters, Rob Marshall ou John Cameron Mitchell.


Danser dans mon petit salon sans me poser de questions de et avec Maxime Potard
Théâtre des Halles, Avignon – Festival Off Avignon
Du 4 au 25 juillet 2026

Durée : 1 h 15

Conception et interprétation de Maxime Potard
Texte de Maxime Potard et les interviewés
Regard extérieur et chorégraphique – Leonardo Montecchia
Régie et construction de Loïc Lavaut
Regards complices – Marc Prépus, Raphaëlle Bouvier& Paola Rizza
Costumes de Julie Honoré, Virginie Breger, Madeleine Bourgeois & Lara Guéret
Confections scéniques – Adèle Boré Juteau & Nana Knödler
Création lumière de Julien Sabato
Regard musical deRoman Gigo & Thomas Koenig

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