Peines perdues - Marie Nardon - Patrick Zard’ © DR
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Peines perdues : Une histoire terriblement humaine

Première pièce, qu’elle co-signe avec Patrick Zard', et première mise en scène pour Marie Nardon, une enfant de la balle. Le duo signe une comédie de mœurs qui interroge sur la réinsertion, le regard des autres et la prise de conscience.
17 juillet 2026
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Depuis dix ans, Christine tient le bar d’un petit village breton, ultime lieu de vie où se croisent les habitants. Venue d’ailleurs, elle a réussi à s’intégrer parmi eux. Son plus fidèle client, le fermier Didier, est secrètement amoureux d’elle, tandis que sa fille sert au bar. La vie se déroule paisiblement, sans heurt et sans surprise. Une annonce vient alors bouleverser l’équilibre. Christine révèle qu’elle est mariée. Son époux, Alain, sort de prison le lendemain après vingt années de détention. 

Pendant vingt ans, avec une belle assiduité, Christine est allée rendre visite à son époux. Désormais, ils vont devoir apprendre à se retrouver. Alain, doit réapprivoiser un monde qui a continué d’avancer sans lui, essayer de se faire accepter par les villageois. Mais, lorsque peu de temps après son arrivée, un chauffard a percuté un jeune garçon sans s’arrêter, les soupçons se portent aussitôt sur lui. Didier attise la colère des villageois et la vindicte populaire s’emballe. La pièce pose alors une question essentielle : qui sommes-nous pour condamner un homme avant même de connaître la vérité ?

Une partition sensible pour un beau quatuor

Marie Nardon et Patrick Zard’ privilégient les dialogues pour donner à leurs personnages une efficacité certaine, au détriment parfois d’une exploration plus profonde de leurs parcours. Cette légère réserve s’efface néanmoins devant l’humanité qui se dégage de l’ensemble. La mise en scène relativement classique, laisse toute sa place au texte et accompagne avec justesse la montée de la tension dramatique. La relation entre le père, incarné par l’impayable et délicat Patrick Zard’, et sa fille, épatante Julie Grave, est joliment dessinée.

L’excellente et délicate Anne Le Guernec incarne avec une grande sensibilité Christine, femme fragile et résiliente, qui trouve dans l’écriture de chansons le moyen d’exprimer ses émotions. Face à elle, le comédien belge Daniel Hanssens compose un Alain profondément touchant en repris de justice déboussolé. Leur duo, basé sur les contrastes, séduit terriblement, et donne à ce spectacle de belles nuances.


Peines perdues de Marie Nardon et Patrick Zard’
L’OriflammeFestival Off Avignon
Du 4 au 25 juillet 2026
Durée 1h10.

Mise en scène Marie Nardon
Avec Justine Grave, Daniel Hanssens, Anne Le Guernec, Patrick Zard’

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