Côté jardin - Nicolas di Tullio - Ariane Gardel © Philippe Escalier
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Côté jardin : Un remarquable spectacle cathartique

Par son parcours, notamment auprès de l’Association StarterPlus dont il est aujourd’hui un des moteurs, Nicolas di Tullio possède une grande connaissance du théâtre. Il était donc logique que son premier texte soit destiné à la scène. Côté jardin, qui désigne le côté gauche de la scène, est une parabole entre le monde du théâtre qui l’a sauvé et le jardin où son enfance a été brisée.
28 septembre 2026
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Nicolas di Tullio, qui a rêvé dans sa jeunesse de devenir comédien, aurait pu prendre sa revanche en s’écrivant un seul-en-scène. Conscient de ses limites, il aurait pu offrir son texte à un acteur chevronné qui en aurait fait une performance artistique. Sa rencontre avec Antoine Gautier, qui l’a aidé à accoucher du texte, puis avec la metteuse en scène Ariane Gardel, qui l’accompagne dans son travail, transforme Côté jardin, en un objet théâtral vivant et incarné pour deux comédiens.

Un espace de jeu énergique
Côté jardin - Nicolas di Tullio - Ariane Gardel © Philippe Escalier
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D’un côté, il y a le narrateur, interprété tout en nuance et sensibilité par l’excellent Freddy Viau (Les enfants du paradis, Un sac de billes).

De l’autre, tous les protagonistes de l’histoire portés par un seul comédien. Jouant des codes gestuels destinés à dessiner chaque personnage, s’amusant des ruptures de tons, Nicolas di Tullio se révèle, dans une belle pratique de l’art dramatique.

La mise en scène subtile d’Ariane Gardel apporte du rythme, de la fantaisie et de la poésie. Un escabeau, deux tabourets en bois et des jeux de lumière permettent d’instaurer les morceaux de cinquante ans de vie. La scène de l’accouchement, vue par le fœtus, est impayable. Prénommé Nicolas par un père sans inspiration, le petit garçon, à l’instar de son homonyme créé par Sempé et Goscinny, nous raconte ses premiers pas dans l’existence. D’un ton joyeux il évoque les vacances chez les grands-parents, plus sombre l’école et ce maître méprisable. Le petit Nicolas, tel le cancre de Prévert, observe le monde avec le détachement des petits rigolos.

Du chaos à la résilience

Et puis surviennent ces jours d’été, où le jardinier de la famille va abuser de lui. La honte qui s’installe fait qu’il enfouit son traumatisme. Gardant la verve du début, ne tombant pas dans le pathos, Nicolas raconte comment il a dû se débattre, la colère vissée aux entrailles, avec ses blessures et ses démons. Traversant la violence, il lutte contre lui-même, dans un trop-plein d’alcool, de fêtes, de sexe au féminin comme au masculin.

Nicolas cherche sa voie dans le théâtre, trouve un début d’apaisement en devenant père. À force de porter ses bagages émotionnels trop lourds, son dos finit par le lâcher. Cloué sur son lit d’hôpital, une jeune femme rencontrée au hasard d’une soirée, vient le voir. Ayant su entendre ce qu’il n’exprimait pas, elle lui offre le livre d’Adélaïde Bon, La petite fille sur la banquise. Le déclic se fait, il racontera son histoire. Car c’est par la parole que la société se délivrera de ses maux. C’est bouleversant.


Côté jardin, de Nicolas di Tullio
Théâtre de la Huchette
Du 12 septembre au 24 octobre 2026
Durée 1h10.

Mise en scène : Ariane Gardel
Avec : Freddy Viau et Nicolas di Tullio
Décor : Pietro Gardel
Costumes : Perrine Ritter
Création sonore et musique : Ulysse Darmon et Nicolas di Tullio
Lumières : James Groguelin.

© Théâtre de la Huchette

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