Les carnets d'Albert Camus. stéphane Olivié Bisson. Lucernaire.© Elie Bekhazi

Camus joliment croqué par Stéphane Olivié-Bisson

Ce spectacle magnifique autour des carnets intimes de l'écrivain et Prix Nobel de littérature fait entendre une parole nécéssaire.
5 septembre 2020
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Son roman La peste a été certainement l’un des livres le plus lu ou relu durant le confinement. Plus que jamais la pensée de cet Homme révolté a trouvé un écho dans cette société où l’humain s’est retrouvé fragilisé, en danger. Camus nous a peut-être appris à nous dire qu’« Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été ».

Portrait d’après auteur
Les carnets d'Albert Camus. stéphane Olivié Bisson. Lucernaire.© Elie Bekhazi

En adaptant Les Carnets d’Albert Camus, Stéphane Olivié Bisson trace le portrait d’un homme se confrontant au monde et à lui-même. Partant des notes que l’écrivain inscrivait dans des cahiers, gardant l’ordre chronologique, le comédien a réussi un bel ouvrage biographique. Cela démarre en 1935, le jeune homme à 22 ans et se termine en 1959, quelques jours avant sa mort accidentelle à 46 ans. On voit tout le cheminement qui a fait de Camus l’un de nos plus grands hommes de lettres, mais aussi un homme tout simplement. 

Une interprétation vibrante
Les carnets d'Albert Camus. stéphane Olivié Bisson. Lucernaire.© Elie Bekhazi

Tout est juste, sans malentendu, dans le travail que nous propose Stéphane Olivié Bisson. Son interprétation est au cordeau. Il ne cherche jamais à l’imiter, il nous fait voir Camus, le sentir presque. Son incarnation captivante nous montre un homme sur qui le temps passe, qui aime la beauté des choses, se débat avec la maladie, regarde le monde. Lucide et honnête, il ne cesse de se construire, de lutter, de contester, dénoncer. 

Un décor aux merveilles

Et puis il y a l’écrin dans lequel évolue le spectacle, une scénographie superbe, un fauteuil, une chaise, des livres et des cahiers jonchent le sol. Sur un écran sont projetées des images.  Au centre de la scène, un rectangle de galets blancs rappelle les plages d’Alger. Tout ceci est mis délicatement en lumière par Franck Thévenon. Visuellement c’est très réussi, nous passons par tous les endroits, les plus lumineux comme les plus sombres où Camus a passé sa vie d’homme. C’est magnifique.


Les carnets d’Albert Camus
Théâtre de Poche Montparnasse – Paris
Du 9 janvier au 28 avril 2026
Duré 1h10.

La Factory – Théâtre de l’OulleFestival Off Avignon
Du 5 au 26 juillet 2025 à 13h40, relâche mardi


Festival OFF Avignon
Le petit Louvre (Chapelle des Templiers)
Du 29 juin au 21 juillet 2024 à 10h, relâche les 1, 8, 15 juillet.

Lucernaire
Jusqu’au 26 septembre 2020.

Adaptation, mise en scène et interprétation de Stéphane Olivié Bisson
Collaboration artistique de Bruno Putzulu
Lumière de Frank Thévenon
Musique d’Eric Capone
Costumes de Nacy Sanchez
Vidéo d’Emma Champy et Emilie Leprêtre

Crédit photos © Elie Bekhazi

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