Le 23 novembre 1976, André Malraux s’éteignait, laissant derrière lui un héritage rare. En tant que résistant et écrivain, c’est à lui que fut confié le tout premier ministère des Affaires culturelles en 1959, devenant l’une des figures emblématiques de la politique gaulliste. Cinquante ans après sa disparition – et trente ans après son entrée au Panthéon –, sa vie et son œuvre seront au cœur d’une année de célébration intitulée « 2026, Année Malraux ».
En préambule à cet événement de longue durée, la ministre de la Culture a salué le bilan de son lointain prédécesseur en évoquant « les fondations d’un modèle qui perdure encore ». Difficile pourtant de ne pas entendre ces mots avec ironie, lorsque la fragilisation financière, structurelle, artistique et sociale du secteur n’a jamais été aussi importante.
Dernier point de vigilance en date, la nomination à la direction du Théâtre du Beauvaisis d’Emma Buttin, conseillère et proche de Rachida Dati. Comme le rapporte Télérama, si le processus de recrutement pour une Scène nationale a bien été respecté, le contexte et le profil de l’intéressée interrogent. En réponse à cette décision, dix des vingt-cinq membres de l’association en gérance ont démissionné courant octobre. La prise de poste de la nouvelle directrice, prévue pour janvier 2026, s’annonce donc comme une affaire à suivre.
Dans un tout autre registre, c’est une nomination très attendue qui a été annoncée aux Subsistances à Lyon. Prenant la suite de Stéphane Malfettes, parti diriger le festival La Bâtie à Genève, Margot Videcoq entrera en fonction en début d’année. Programmatrice aux paysages et aux inspirations multiples, elle entend poursuivre le travail engagé tout en renforçant la dimension sociale du lieu, notamment au travers d’une réflexion autour du numérique et du handicap.
Sur tout le territoire, c’est bien dans le concret que se poursuit l’héritage de Malraux. En témoignent en ce moment même de nombreux temps forts, enfants de la décentralisation : Festiv·iel à Lyon, Supernova à Toulouse, Next Festival à Lille ou la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée à Montpellier. La liberté artistique continue de battre son plein par-delà les choix politiques, et c’est déjà heureux !