Le Journal d'un corps - Daniel Pennac - David Nathanson © Pascal Gély
© Pascal Gely / Hans Lucas

Journal d’un corps : La vie mode d’emploi selon Daniel Pennac

David Nathanson s’empare avec talent du roman de Daniel Pennac, dans lequel, à la manière d’un journal intime, ce conteur hors pair à la plume truculente raconte les événements de la vie d'un homme à travers les manifestations de son corps.
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Au royaume de Daniel Pennac, David Nathanson règne en majesté. Ces deux hommes ont en commun de posséder un sens de l’humour très pointu et un univers poétique très marqué. Ils étaient faits pour s’entendre. Le large sourire sur le visage de l’auteur, lors de première à la Manekine du Journal d’un corps, en disait long sur cette filiation avec le comédien et le plaisir engendré par cette belle théâtralisation de son œuvre.

« Nous sommes jusqu’au bout l’enfant de notre corps, un enfant déconcerté »
Le Journal d'un corps - Daniel Pennac - David Nathanson © Pascal Gély
© Pascal Gely / Hans Lucas

C’est parce qu’il a vécu une expérience traumatisante chez les scouts à l’âge de « 12 ans, bientôt 13 », que l’auteur, garçon sensible, décide de consigner dans un journal les événements qui ont secoué son corps. Les premiers mots écrits sont : « Je n’aurai plus jamais peur ». Les derniers, adressés à son frère imaginaire soixante-quinze ans après, sont : « À présent, mon petit Dodo, il va falloir mourir. N’aie pas peur, je vais te montrer ».

Entre les deux, au fil de la plume, le narrateur évoquera sa solitude, ses chagrins d’école, ses découvertes, ses angoisses (et elles sont nombreuses), ses amours, ses défaites. Légèrement hypocondriaque, cet ancien malade des hôpitaux de Paris aborde sans détour les bobos liés à la vieillesse. Ce journal, commencé en 1936 et achevé en 2010, s’apparente également à la confession d’un enfant du XXe siècle et ses bouleversements.

Un écrin envoûtant

Le phrasé de David Nathanson, qui nous avait tant séduit dans le Truffaut-Correspondance, se prête au style littéraire de Daniel Pennac composé de phrases courtes très imagées. Du gamin fougueux au vieillard à bout de souffle, sa gestuelle évoque sensiblement le passage des ans sur le corps. 

La scénographie métaphorique de Marie Hervé accompagne cette traversée d’une longue vie en solitaire. Conçue autour de blocs de caissons de bois léger, de lampes à vue, le décor évoque une île. Bout de terre sur laquelle ce naufragé de la vie, à la manière d’un Robinson Crusoé, tente de survivre. L’enveloppante bande sonore acoustique, dont on ne sait jamais d’où elle surgit, tout comme le jeu des lumières, forment un contrepoint visuel au récit, créant ainsi un objet théâtral, cosigné avec Judith d’Aleazzo pour l’adaptation et Julie Laufenbüchler pour la mise en scène, de toute beauté.

Envoyée spéciale à Pont-Sainte-Maxence

Journal d’un corps, d’après le roman de Daniel Pennac (Éditions Gallimard).
Spectacle vu le 6 mars 2026 à la Manekine, scène intermédiaire des Hauts-de-France – Pont-Sainte-Maxence.
Théâtre La Reine Blanche – Paris
Du 12 au 24 mai 2026
Durée 1h15.

Tournée
Du 4 au 25 juillet 2026 à L’Entrepôt – Festival Off Avignon

Adaptation Judith d’Aleazzo et David Nathanson
Mise en scène Julie Laufenbüchler et David Nathanson
Jeu David Nathanson
Scénographie Marie Hervé
Lumières Erwan Temple
Son et musique Armando Balice.

© David Nathanson

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