Rendez-vous est donné dans la somptueuse Abbaye des Prémontrés, qui accueille une fois de plus La Mousson d’été, rendez-vous théâtral unique parce qu’il donne la parole à des dramaturges qu’il est rare d’entendre sur les scènes françaises : tantôt de très jeunes artistes, tantôt des voix contemporaines qui nous viennent de l’étranger.

Sous la direction de Véronique Bellegarde, qui mettait en scène cette année deux lectures (Et le monde resplendit d’Angus Cerini et Insectes d’Oriol Morales), la manifestation a accueilli des textes qui s’interrogent sur de nombreux enjeux contemporains, tels que la solitude, la vieillesse ou le dérèglement climatique.
Ces trois sujets sont au cœur de Et le monde resplendit, une pièce écrite par l’australien Angus Cerrini. On y suit le quotidien d’un couple de fermiers, Ray et Floss, qui vieillissent isolés du monde en même temps qu’ils doivent affronter des événements climatiques extrêmes, notamment une sécheresse intense, qui fauche instantanément la vie des quelques dizaines de bovins qu’ils ont passé toute une vie à élever.
Formidablement portée par un talentueux duo – Marie Sogha Condé et Thierry Bosc – dont toute la mélancolie s’exprime par la voix, le spectacle, qui s’écoute au casque, remonte peu à peu le fil de la rencontre entre les deux agriculteurs, pour donner à entendre l’amour qui a précédé le drame.
Solitude et fin du monde

La solitude est aussi très présente dans Où va-t-on quand on part, une pièce écrite par la dramaturge croate Nikolina Rafaj, et traduite pour la toute première fois en France. Plus maladroitement, ce récit aux multiples personnages et emprunt d’une forme de pessimisme raconte les pérégrinations d’adultes venus trouver refuge dans un hôtel perdu à quarante-cinq kilomètres d’une grande ville croate. Autant dire, pas si loin de la ville dont ils se planquent.
Truffé d’aphorismes, le spectacle mis en espace par Camille Dagen disserte, avec plus ou moins de subtilité et d’humour, sur nos petites aliénations contemporaines.
La vie ordinaire
Mais le spectacle le plus singulier fut sans conteste celui du canadien Sébastien David. Intitulée Une fin et présentée par une troupe de comédiens amateurs, cette pièce met en scène une dizaine de personnages qui, à cause du soleil arrivé au bout de sa combustion, vivent leurs derniers instants sur Terre. Métaphore du réchauffement climatique pleine d’humour, Une fin raconte les vies ordinaires de personnages grignotés par les contraintes de la vie quotidienne.
La Mousson d’été à l’Abbaye des Prémontrés
Du 21 au 26 août 2026
Et le monde resplendit d’Angus Cerini
Direction Véronique Bellegarde
Le 21 août 2026
Traduit de l’anglais par Dominique Hollier, avec le soutien de la Maison Antoine-Vitez.
Dirigée par Véronique Bellegarde.
Avec Valérie Bauchau, Thierry Bosc, Christophe Brault, Marie-Sohna Condé,
Kelly Rivière, Sacha Vilmar.
Musique : Philippe Thibault
Où va-t-on quand on part de Nikolina Rafaj
Direction Camille Dagen
Le 22 août 2026
Traduit du croate par Nicolas Raljevic.
Dirigée par Camille Dagen.
Avec Miléna Arvois, Valérie Bauchau, Thierry Bosc, Marie Sohna Condé, Camille Dagen,
Ömer Koçak, Régis Laroche, Émilie Lehuraux et Julie Pilod.
Une fin de Sébastien David
Direction Lélio Plotton et dramaturgie Lola Molina
Le 22 août 2026
Avec la troupe éphémère amateure du bassin mussipontain.



