© Christophe Raynaud de Lage

Forcenés par Jacques Vincey : Tête dans le guidon

Au 11⸱Avignon, dans le cadre du Off, le metteur en scène présente sa dernière création, adaptée du livre de l’ancien cycliste et chroniqueur sportif Philippe Bordas. Une pièce qui mise sur la performance, mais peine à transmettre tout la ferveur de son sujet.
17 juillet 2026
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Léo Gardy est déjà assis sur son vélo, dans la pénombre, quand le public entre en salle. Sa fine silhouette élancée se devine à contre-jour des images de chaînes de vélo diffusées sur l’écran derrière lui. Tourné de trois-quarts face, il a le regard tendu vers l’horizon, comme figé en direction d’un objectif qu’il n’atteindra jamais. Au sol, un moniteur affiche une série de zéros. Bientôt, la vitesse et la distance monteront dès lors que l’interprète commencera à pédaler. En attendant, seul le pouls est mesuré, les battements semblent réguliers, le calme avant l’effort.

Un pour tous

Afin d’adapter ce texte de Philippe Bordas, Jacques Vincey opte pour la performance. En écho au récit des plus grandes légendes du cyclisme – ces coureurs inscrits au Panthéon de la discipline avant même qu’elle soit pleinement reconnue comme telle –, le metteur en scène fait le pari d’un seul-en-scène en sur-place. Léo Gardy, qui envisageait une carrière sportive avant de se reconvertir dans le cinéma et le théâtre, était l’homme idéal pour ce projet. En à peine plus d’une heure, il parcourra près de trente kilomètres en servant un texte qui rend honneur à ces hommes inscrits pour toujours au patrimoine d’une certaine histoire du sport.

Tête dans le guidon, le comédien dresse les uns après les autres les portraits de ces sportifs hors du commun. Sprinteurs, grimpeurs, descendeurs, toutes les catégories y passent alors que le souffle se raccourcit au gré de l’effort. Dans sa voix posée et maîtrisée, le vocabulaire un brin désuet pour illustrer ces héros d’un autre temps crée un certain décalage. Un état de flottement renforcé par un récit à deux temps que vient compléter la parole enregistrée du même comédien. Forcenés, ces coureurs l’étaient à n’en pas douter. Léo Gardy l’est à son tour, mais sa belle performance ne suffit pas à faire totalement décoller ce spectacle.


Forcenés d’après Philippe Bordas
Création le 18 février 2026 au
Théâtre de la Concorde – Paris
Vu au
11⸱Avignon – Festival Off Avignon
Du 4 au 23 juillet 2026
Durée 1h15

Texte de Philippe Bordas
Adaptation et mise en scène – Jacques Vincey
Avec Léo Gardy
Scénographie et lumières – Caty Olive
Musique et sons – Alexandre Meyer
Vidéo – Othello Vilgard
Régie lumières – Yoan Weintraub

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