Comment est né le collectif Adelphes ?
Collectif Adelphes : Nous nous sommes rencontrées toutes les trois dans le cadre de notre master en production et administration de projets culturels, mais aussi à travers la danse. À l’origine, l’idée était plutôt de créer une compagnie. Mais très vite, en travaillant avec différentes personnes, il est apparu que le projet se construisait de manière collective. Ce fonctionnement s’est donc imposé naturellement, et a donné naissance au collectif fin 2022. Les décisions se prennent ensemble, chacune peut s’impliquer selon ses envies et ses disponibilités.
Quels sont vos profils respectifs ?

Collectif Adelphes : Nous avons toutes des profils hybrides. Certaines sont danseuses, avec une pratique artistique active, notamment en danse contemporaine et électro. En parallèle, nous travaillons dans le secteur culturel, dans l’administration et la production pour différentes structures. Le collectif repose justement sur cette complémentarité entre artistique et organisationnel.
Pourquoi ce nom ?
Collectif Adelphes : Adelphes est un mot qui signifie « frères et sœurs ». Il permet d’ouvrir à quelque chose de plus inclusif, tout en gardant cette idée de lien fort entre les membres.
Parlez-nous du projet Bifurquer présenté au festival BOOST. De quoi s’agit-il ?
Collectif Adelphes : Bifurquer est un événement en plusieurs temps, qui mêle un talk (temps de discussion), un battle de danse et un moment festif et participatif. L’idée est de créer un espace complet de réflexion, de performance, de partage. Le battle se distingue par des consignes d’interprétation, liées notamment au handicap psychique (bipolarité, dépression…). Cela pousse les interprètes à aller au-delà de la seule performance.
Pourquoi avez-vous décidé de mettre en avant la thématique du handicap ?
Collectif Adelphes : Nous voulons avant tout mettre en lumière le handicap sans en faire un tabou. Une attention particulière est portée au handicap invisible, notamment la santé mentale, qui est encore très peu abordée dans la danse. Le talk permet aussi de valoriser des initiatives existantes, comme le projet développé dans l’IME des Moulins-Gémeaux de Saint-Denis pour montrer que ces démarches sont possibles et inspirantes.
Quelle est votre vision de l’inclusion ?

Collectif Adelphes : Pour nous, l’inclusion passe avant tout par une mixité réelle. Aujourd’hui, les personnes en situation de handicap restent souvent entre elles, dans des espaces dédiés. Grâce à la danse, nous voulons créer des espaces de rencontre et d’inclusion où tout le monde peut échanger sans que cela pose question. Il reste encore beaucoup à construire.
Comment le public réagit-il à vos événements ?
Collectif Adelphes : Les retours sont très positifs. Que ce soit du côté des habitués des battles ou des personnes qui découvrent l’univers des danses urbains, beaucoup soulignent la liberté d’expression, l’originalité du format. Certains danseurs disent même que ce type d’espace leur manquait.
Quelles sont vos envies pour le collectif ?
Collectif Adelphes : Continuer à développer ce type de projets, les faire circuler dans d’autres lieux, toucher d’autres publics. Le manque de temps est un frein (puisque nous travaillons toutes à côté), mais l’envie est bien là.